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Les rédactrices beauté sont-elles des vendues ?

juin 28, 2008

Ce n’est un secret pour personne, je suis passionnée par l’univers de la beauté au féminin. J’aime tellement palper, sentir, étaler des produits que je me suis mis martel en tête : devenir rédactrice beauté. Avantages, Cosmopolitan, Bien Dans Ma Vie et plus récemment le magazine féminin en ligne elleadore.com … Force est d’avouer qu’en un an et demi, j’en ai vu du pays ! Si mon apprentissage au sein de ces organes de presse a été ô combien bénéfique, j’ai été confronté au problème inhérent à ce métier : la relation avec les annonceurs.

Loin de moi l’idée d’en faire un billet sur les coulisses des magazines féminins, il est bien évident que ce n’est pas du tout à mon avantage de publier de telles choses. Mais, suite au reportage de Canal + à ce sujet, aux billets d’Alexa et aux questions qu’on me pose, l’idée m’est venue de lancer un débat.

Il y a un peu moins d’un an, la journaliste qui prenait en charge l’enquête sur les relations non dissimulées entre les annonceurs et les magazines féminin pour Canal + m’a contactée. Nous avons discuté une heure durant au téléphone, et je m’étais alors aperçue que si j’étais bien capable d’aborder ce sujet avec mes paires (ma famille, mes amis, etc…), il était vraiment délicat pour moi de me livrer auprès d’une autre journaliste. Car, que les choses soient claires, entre rédactrices beauté, on ne lance jamais de discussion sur les annonceurs. Du moins, pas de long baratin, ni même de grand débat. En un an et demi, j’ai seulement entendu (ou lancé de mon propre chef) cinq fois au grand maximum des phrases comme “oh, lui, il ne faut pas l’oublier, c’est un annonceur !” ou encore “bon, je vais rédiger le communiqué avec les gens du marketing”. Je le conçois, ces phrases m’ont un peu étonnées au départ. Mais je m’y suis rapidement fait.

Pourquoi donc ? Parce que si on réfléchit un peu plus loin que le bout de son nez, on se rend rapidement compte qu’un magazine féminin, ce n’est pas un amas d’articles écrits “just for fun”. Derrière un magazine, il y a une entreprise et bien souvent des groupes de presse. Et, que les choses soient claires, le but est bien évidemment de faire du profit. Alors si aujourd’hui on est bien loin des articles prônant la libération de la femme dans Marie Claire, les magazines répondent à d’autres besoins. Bien sûr, ils en créent : et c’est en ce sens que les rédactrices beauté deviennent de redoutables prescriptrices. Mais aujourd’hui, une femme moderne qui lit ce type de magazine a de nombreuses attentes. Ainsi, je pense qu’un magazine féminin peut être perçu comme le reflet de la société dans laquelle nous vivons.

Sur le marché des féminins hauts de gamme (à savoir Glamour, Cosmopolitan, Elle, etc…), les rubriques beauté occupent une place importante, et pour cause, les annonceurs beauté sont les plus nombreux (cercle vicieux ?!…). La beauté est une véritable industrie, ce n’est un secret pour personne, et les termes employés sont tous emprunts d’un vocabulaire scientifique plus poussé d’année en année. Est-ce pour impressionner les lectrices ? Possible. Quoi qu’il en soit, on observe des tendances comme l’apparition et l’évocation quasi générale du mot “lift” dans les papiers consacrés aux signes du temps. Rien de bien méchant à cela, à mon sens.

Quels sont les leviers mis en place pour faire de la publicité dans un magazine féminin (& plus particulièrement dans le domaine de la beauté ?)

  • L’achat d’espace publicitaire. Et là, on pense aux nombreuses pages de publicités qui sont imprimées sur papier glacé.
  • La mise en place de communiqués ou de publi-rédactionnels. Une fois encore, la publicité est clairement mentionnée comme telle (c’est la loi).

Quid des relations presse ?

  • Une attachée de presse représente une marque (ou plusieurs). Son travail consiste à abreuver les rédactrices d’informations sur leur marque et ses nouveautés. Pour cela, elle envoie des produits, des dossiers de presse et organise des évènements comme des conférences ou des points presse. Ce sont des techniques de communication somme toutes banales, qui sont également employées dans des branches tout autres que l’univers de la beauté.
  • Le but d’une attachée de presse est bien évidemment de parvenir à placer son produit / sa marque dans les colonnes des magazines féminins. Logique, puisqu’on sait, d’après les panels réalisés que les femmes avides de presse féminine sont âgées en moyenne de 25 à 49 ans, achètent environ 3,4 magazines féminins par mois et vouent un intérêt non négligeable aux pages beauté, ne serait-ce que pour être “au courant des nouveautés”.
  • En clair, les relations presse ont un rôle assez ambigu : si on réfléchit bien, placer au maximum une marque dans les pages beauté des magazines, c’est de l’investissement publicitaire en moins, et c’est une influence donnée par les prêtresses de la beauté et le magazine lui-même. Mais là, c’est mettre en question la fonction d’attaché de presse et pas forcément l’univers de la presse féminine en lui-même.

OUI MAIS…

  • Il ne faut pas voir le mal partout !
  • Pour avoir réalisé moi-même des pages beauté, je peux vous certifier que, malheureusement, bien des traits sont poussés à l’extrême. Si on se doit d’obéir à un cahier des charges bien précis (ligne éditoriale, marronniers incontournables, logique liée à quelques annonceurs), le reste est quant à lui entièrement libre.
  • Pour moi, une rédactrice beauté est avant tout une journaliste, il ne faut pas l’oublier. J’ai eu la chance de côtoyer des références en matière de rédactrices beauté. Ce sont des femmes comme les autres, qui ont fait des études poussées (bien souvent prépa littéraire, école de journalisme) et qui exercent un métier qu’elles aiment. Si le milieu dans lequel elles évoluent peut paraître “étrange” vu de l’extérieur, ce sont des journalistes qui se doivent de répondre de leurs actes et qui, comme n’importe quel autre journaliste, ont adhéré à une charte déontologique. Je trouve ça bien dommage qu’on compare la presse féminine et particulièrement les rédactions beauté à des poulaillers où évoluent de jeunes écervelées qui sont juste bonnes à recopier des dossiers de presse. J’arrête là les médisant(e)s qui vont me lancer des “oui mais toi tu te dis rédactrice beauté blablabla, t’es pas journaliste, blablabla. “. Effectivement, je ne suis pas encore journaliste mais je fais des études pour. Et tous les stages et piges que j’effectue sont bien évidemment des pierres de plus à l’édifice que je bâtis pour devenir rédactrice beauté. Point.
  • Une rédactrice beauté connaît tout sur tout, c’est son métier. Dans la mesure du possible, elle teste tout ce qui lui tombe sous la main (c’est une passion, donc ça ne lui pose aucun problème). Et, en général, elle est capable de parler de la meilleure manière qui soit d’un produit ou d’une marque. En clair, lorsqu’on propose un banc d’essai beauté, il va de soi que les produits ont été dûment testés et qu’on ne s’amuse pas à gribouiller les colonnes des magazines à coups de “anh, c’est super”. Aucun intérêt.
  • Enfin, le travail de relations presse beauté / rédactrice beauté est un travail qui se fait main dans la main puisqu’ils sont totalement corolaires.

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Bien entendu, si je m’écoutais, je pourrais encore rédiger des pages et des pages à ce sujet. Mais je vais m’arrêter là et vous laisser la parole. Qu’en pensez-vous ? Quel est votre regard sur la presse féminine et en particulier sur les rubriques beauté ? Croyez-vous ce qui est écrit dans les colonnes des rubriques beauté ?

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Si les parisiennes qui me lisent sont intéressées pour en débattre de vive voix autour d’un café, je peux organiser ça. N’hésitez pas à le dire !

Comments

19 réponses à “Les rédactrices beauté sont-elles des vendues ?”

  1. alexa on juin 28th, 2008 21:22

    Bonjour,

    Je m’attendais à ce que tu fasse une réponse à ce sujet qui te tient à coeur et d’ailleurs, celle-ci est bien argumentée ! Mais mon avis, après la lecture de ton article n’a en aucun cas changé. Non seulement les relation entre annonceurs et journalistes restent floues : la publicité se fait aussi par le biais des articles lambda en dehors des pubs et des publi-rédactionnels et pour moi la phrase “moi en tant que pigiste, je suis pas dans la critique, je suis dans une ligne éditoriale” qui est citée dans mon article montre bien la réalité ( d’ailleurs tu ne l’a pas reprise, je devine alors que tu es d’accord avec ).

    Autre chose , tu as raison de faire la différence entre rédactrice beauté et journaliste, parce que, à mon avis, le métier de journaliste beauté n’existe pas, c’est un pur travail de rédaction , en effet, où est l’investigation( tiens y’a combien de grammes e ait dans cette crème anti-rides ? ). Cette appellation est, à mon sens, sans aucun fondements ..

    En revanche, rien ne m’empêche d’acheter Cosmo tous les mois mais les pages beauté sont celles que je regarde le moins avec les pages de shooting mode parce que je trouve que c’est toujours la même chose : aucune inventivité ( tiens on est en juin, on va leur faire un spécial soleil !! Non sans blague !! tiens en Décembre, un spécial hiver !! ).

    Oh et puis je n’ai pas compris cette phrase “Bien sûr, ils en créent : et c’est en ce sens que les rédactrices beauté deviennent de redoutables prescriptrices. Mais aujourd’hui, une femme moderne qui lit ce type de magazine a de nombreuses attentes. Ainsi, je pense qu’un magazine féminin peut être perçu comme le reflet de la société dans laquelle nous vivons.”Cela signifie t-il que, pour toi, une femme moderne doit se faire dicter ses besoins par des magazines parce qu’on vit dans une société de consommation ?? J’ose espérer qu’une femme ( même moderne ) possède également un cerveau pour se rendre compte qu’il y a d’autres choses qui comptent et qu’elle n’a pas besoin d’une crème de jour à 50 euros pour qu’elle soit plus belle.

  2. Babillages on juin 29th, 2008 0:46

    Bonjour Alexa,

    Autant faire participer un maximum de personnes au débat, d’où mon idée de “réponse” à tes deux billets. J’espère que cela permettra à un maximum de personnes qui viendraient à passer par ici ou par chez toi de donner leur avis sur cette problématique somme toute légèrement épineuse.

    - Concernant le fait de coller à une ligne éditoriale (cf la réaction de la pigiste à laquelle tu fais allusion). Voici mon avis :
    Quand on te commande un papier, bien souvent tu dois donner un synopsis de ton papier pour bien expliquer ce que tu comptes y mettre. Et, du coup, les rédactions sont à même de voir si le papier collera ou non à la ligne éditoriale du magazine. C’est la même chose pour un Figaro ou un Le Monde, la prise de position n’est pas la même. Les termes employés sont donc maladroits, je dirais. Mais, la logique est bien, en fait, de ne pas vraiment dire de mal des produits. En clair, on peut trouver des points négatifs à un produit (d’ailleurs, les fameux bancs d’essai sont faits pour ça, à mon sens, et c’est pour ça que j’aime les rédiger) mais il est hors de question de descendre gratuitement quelque chose. Personnellement, ça ne me gêne pas. Regarde, sur les blogs, il y a bien des filles qui disent qu’il est hors de question qu’elles parlent de produits qu’elles n’aiment pas. C’est un peu la même chose non ?!

    - Après, bien sûr qu’une parution presse peut donner un véritable coup de boost à la vente d’un produit lambda, que ce soit un bouquin, un produit de beauté ou je ne sais quoi d’autre encore. En quelque sorte, c’est comme la fameuse mention “vu à la télé” ! Mais, après, je pense qu’il ne faut surtout pas voir le mal partout. Il y a pas mal de produits qui sont cités dans des papiers beauté parce qu’ils sont des références dans le monde de la beauté (efficacité reconnue de tous, produits mythiques, etc…) ou encore parce que la journaliste l’a découvert et qu’elle a eu un véritable coup de coeur pour celui-ci.

    - Concernant le “combat” dans l’appellation journaliste / rédactrice beauté. Soit je me suis mal exprimée, soit tu m’as mal comprise… Ou les deux ;)
    Quoi qu’il en soit, je disais que toutes les rédactrices beauté permanentes dans les rédactions étaient journalistes. (Elles ont fait des études de journalisme pour la plupart et possèdent leur carte de presse). Cela ne me choque donc pas qu’on les appelle “journalistes beauté” puisque c’est ce qu’elles sont. La beauté est juste leur spécialité. Cela ne te choque pas quand on dit “journaliste sportif” à ce que je sache ?! ;) Quant à ta réflexion sur leur travail, je cite : “c’est un pur travail de rédaction, en effet, où est l’investigation ?”, je ne peux qu’aller à son encontre. Tu n’es pas sans savoir que lorsqu’on décide de rédiger un papier purement informatif sur un phénomène en particulier (le vieillissement cutané ou encore la chute des cheveux, par exemple), un journaliste beauté mène son enquête. Eh oui ! Alors, certes, le sujet est plus léger et moins “capital” que la guerre en Irak ou je ne sais quoi d’autre, mais ça reste une enquête. On fait appel à des professionnels, à des spécialistes et on n’hésite pas à se déplacer pour rencontrer les gens et avoir des témoignages. Après, personnellement, je préfère qu’on m’appelle “rédactrice beauté” puisque je n’ai pas (encore) ma carte de presse. Donc, sur le papier, je ne suis pas journaliste.

    - Pour le côté “aucune inventivité”, pour reprendre tes propos, je peux te comprendre. Mais d’une certaine manière, nous dépendons des saisons et il est difficile d’échapper à certains marronniers. Mais je peux t’assurer que j’ai déjà vu des rédactrices beauté se creuser la tête face à de tels sujets : il faut sans cesse tenter de se renouveler, etc… Et même si ça ne se voit pas tant que ça, ces sujets “routiniers” à traiter demandent une grosse masse de travail.

    - Enfin, je rebondis sur ton dernier paragraphe.
    J’ose espérer que les femmes qui lisent la presse féminine sont assez clairvoyantes pour faire appel à leur libre arbitre : hors de question de “se faire dicter ses besoins par des magazines”, donc. Ma vision de la chose est plutôt : ces magazines sont achetés pour la détente mais aussi pour savoir ce qui se fait de nouveau. En clair, on s’informe et si ça nous intéresse, on passe par la case achat. Uniquement si on en a envie. Ce ne sont que des suggestions qui permettent de balayer l’univers de la beauté.

  3. Eleonore on juin 29th, 2008 10:46

    Pourquoi toujours s’en prendre à la Beauté, c’est pareil dans tous les domaines.
    Pour y être passé je l’ai vu en : mode, banque, édition,… trois secteurs super différents, et qui fonctionnenent quasiment pareil (bémol sur l’édition, où les attachés de presse n’aiment pas la pub, parce que ça leur retire des articles… le contraire des autres secteurs !)
    J’ai moi aussi fait un article super enervée sur ce reportage… mais en fait j’étais énervée par autre chose, et en y repensant je me suis emportée (ahah personne peut le voir c’est sur mon ancien blog !)
    On ne peut pas faire comme si on découvrait que notre société est régie par la pub et la consommation ! Et chaque journaliste/rédactrice se doit de jongler entre ça et la déontologie ! Et là c’est comme dans tous les métiers, il y a des bons et des moins bons !

  4. Marie P. on juin 29th, 2008 13:04

    La beauté n’est pas un domaine à part entière. Il fait partie du journalisme. Et ce dernier a ses règles, bien que tacites, qui méritent tout de même d’être respectées. Il n’y a pas d’investigations dans le journalisme beauté. Il n’y a pas non plus d’enquêtes. D’ailleurs il suffit d’ouvrir Cosmo ou Biba pour voir qu’en général les pages beauté sont composées en majorité d’images et non de mots. Alors si être journaliste c’est rédiger un chapeau et quelques lignes sous une photo de crème anti-rides, Albert Londres doit se retourner dans sa tombe.
    Je ne pense pas que les journalistes beauté soient de redoutables prescriptrices. En effet, qui lit vraiment ses pages ? La plupart des lectrices préfèrent les articles du type “Est-il fidèle” ou “comment garder un homme en 10 leçons”. DEs articles, qui malgré leur légèreté apparente nécessitent une bonne plume et souvent une (infime) investigation, puisque très souvent ces journalistes-là ont recours à l’avis de thérapeutes, de psychologues, de sexologues, etc.

    Parler de journalisme, pour ces “rédactrices beauté” est à mon avis une erreur. Cela revient à galvauder le terme de journalisme alors même que des personnes risquent leur vie aux quatre coins du globe pour informer les gens.
    Même le journaliste sportif mérite plus le terme de “journaliste” que la rédactrice beauté. En effet, souvent c’est un ancien footballeur qui connaît donc toutes les techniques, les règles. Il en est de même pour un journaliste économique. Il semble impossible qu’une rédactrice beauté q’y connaisse scientifiquement en cosmétiques à moins d’avoir fait des études de cosmétologie. DE ce point de vue, vous n’êtes donc pas les plus aptes à nous dire ce que nous devons appliquer sur notre peau…

  5. Babillages on juin 29th, 2008 13:26

    - Eleonore : Je partage exactement le même avis que toi. Et ta conclusion est tout simplement pleine de bon sens : “c’est comme dans tous les métiers, il y a des bons et des moins bons !”

    - Marie P. : La lecture de ton commentaire me fait hérisser tous les poils, tant je ne partage pas ton avis. Mais je te remercie d’avoir développé une réponse argumentée, cela va me permettre de rebondir sur ce que tu viens de dire. :)

    - Concernant les règles inhérentes au métier de journaliste elles sont à mon sens tout sauf tacites puisqu’écrites. Bien qu’aucun texte légal ne régisse la déontologie du journaliste, nous adhérons en grande majorité à la “charte des devoirs professionnels des journalistes français” rédigée en 1918 et remaniée en 1938. Pour les journalistes et futurs journalistes, cette charte est aussi importante que le serment fait par un avocat par exemple. Et là le débat se déplace puisque, sans vouloir t’offusquer, tu ne semble pas véritablement connaître ce qu’est le métier de journaliste.

    - Et je peux donc rebondir sur ta phrase : “‘il n’y a pas d’investigation dans le journalisme beauté”. Pour toi, un journaliste, c’est donc un ersatz de détective privé ou de flic, c’est un mec qui se doit d’aller sur le terrain non stop et d’interviewer à longueur de temps des gens pour en sortir des papiers grandiloquents ? Hmmm, excuse moi du peu, mais sur ce coup là je suis carrément dubitative. Tu sembles ignorer que le journalisme d’investigation à part entière est un genre qui est de moins en moins traité de nos jours. Centrons -nous plutôt sur le journalisme “d’actualité” où on relate des évènements récents. Eh bien dans le domaine de la beauté, c’est exactement ce que l’on fait, à mon sens. Avec un petit + tendant vers l’investigation lorsqu’on rédige des papiers “de fond”, cf ce que je disais plus haut à Alexa.
    En clair, n’oublions pas que le journalisme consiste à collecter, rassembler et commenter des faits pour les mettre à la portée du public à travers des media. En mon sens, une journaliste beauté fait exactement cela, mais avec un thème plus léger, je te le concède.

    - Je trouve ta capacité à dénigrer les journalistes beauté fortement désagréable, sache le. Tu crois qu’on se contente, comme tu le dis, de “rédiger un chapeau et quelques lignes sous une photo de crèmes anti-rides” ? Bien sûr qu’il y a des sujets plus visuels, et heureusement. Mais il y a aussi beaucoup de textes, contrairement aux pages modes, par exemple. Je ne reviendrai pas sur la rédaction des papiers de fond, tu liras ma réponse à Alexa, qui est détaillée à ce sujet.

    - Concernant ton “qui lit vraiment ces pages ?”. Encore une fois, tu n’y prêtes peut-être pas attention (vu les clichés que tu as sur la beauté, ça ne m’étonnerait en effet pas que tu les zappes ;) ) mais si elles sont là c’est qu’il y a bel et bien une raison. Et pour avoir eu accès à certains panels, je peux te dire que beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes font attention à ces pages.

    - Enfin, je dirais que ce ne sont pas à des personnes comme toi ni même moi de décider si oui ou non on peut appeler ces journalistes des journalistes. Ce n’étais pas du tout le propos du débat, soit dit en passant. Si on leur accorde leur carte de presse, ce n’est pas pour rien, des personnes hautement plus compétentes que toi et moi ont décidé que ces personnes pouvaient être considérées comme des journalistes. Alors pourquoi remettre en question ceci ? Personnellement, ça m’agace vraiment : pourquoi beaucoup de personnes se permettent-elles de juger sans connaître ?…
    Et ta comparaison avec le journaliste sportif ne tient pas debout : je n’ai jamais vu Estelle Denis en Coupe du Monde féminine de Football… ;) (Blague à part, tu crois vraimetn qu’on débarque dans une rédaction beauté, qu’on pose nos fesses sur un siège et qu’on attend ? Pas vraiment. Les formations spécifiques, les ITW de spécialistes, etc… Tout ça, ça existe… Et ce n’est pas pour rien. Toutes les rédactrices beauté avec lesquelles j’ai bossé étaient incollables sur tous les sujets.)

  6. alexa on juin 29th, 2008 13:26

    marie. p a su répondre et ce, mieux que moi … qui avait un peu la flemme de rédiger quelque chose … :)

  7. Babillages on juin 29th, 2008 13:31

    - Alexa : Eh bien, je viens de répondre à Marie P. ;) Cela dit, j’aimerais qu’on se recentre sur le véritable sujet du débat : publicité / presse féminine (rubriques beauté).

  8. Marie P on juin 29th, 2008 13:45

    Oulala… Je suis journaliste moi-même donc je sais de quoi je parle. La charte des journalistes ne date d’ailleurs pas de 1938 mais de 1918, elle a seulement été révisée en 1938.
    En ce qui concerne Estelle Denis, je la considère comme une présentatrice et non comme une journaliste à l’inverse de feu Thierry Gilardi qui, lui, était un vrai journaliste sportif.
    La charte des journalistes n’est pas un texte légal donc personne n’ a a y adhérer, cela n’a rien a voir avec la charte qui régit l’ordre des Médecins par exemple. Si un journaliste déroge à une des règles de la Charte de de 1918, il ne sera pas radié du milieu journalistique.

    En ce qui concerne les pages beauté, si elles sont là ce n’est pas parce qu’elles sont importantes. c’ets parce que si elles disparaissaient, le journal perdraient des pages publicitaires des marques non citées. Voilà tout. Tu as l’air d’avoir le suffisamment plein pour le comprendre. Si les pages beauté sont là c’ets juste de l’ordre du “donnant-donnant”.

    Et la carte de presse n’est pas ce qui définit un journaliste. D’ailleurs Claire Chazal et PPDA ne l’ont pas. Et pourtant ils sont journalistes. Pourquoi ne l’ont-ils pas ? Tout simplement parce qu’ils ne veulent pas que leurs fiches de paies se trouvent dans les mains de la commission de la carte de presse. Ce n’est pas difficile d’avoir la carte de presse, il suffit d’avoir 50% de ses revenus qui proviennent d’une activité journalistique. Donc si les rédactrices beauté l’ont, c’est tout simplement car elles travaillent dans un journal et que de là, provient la plus grande source de leurs revenus.
    J’ai moi-même la carte de presse depuis deux ans et je sais donc de quoi je parle.

  9. Angele on juin 29th, 2008 13:51

    Je viens poser ici ma pierre à l’édifice en postant ce lien très révélateur des relations presse féminine / annonceurs: http://www.nytimes.com/2008/06/29/fashion/29bazaar.html?ref=fashion
    Où comment pousser au paroxysme ce lien qu’on devine plus qu’étroit.
    Pourtant le Harpers Bazaar est une institution de la presse féminine et à mon sens, l’un des meilleurs magazines féminins même si ce mag a beaucoup évolué depuis ses débuts il y a 100 ans pour perdre de son identité.

  10. Babillages on juin 29th, 2008 13:55

    - Marie P : Relis mes propos stp, je n’ai fait aucune erreur concernant la charte des journalistes ;) Merci de ne pas tenter de me faire passer pour plus bête que je ne le suis, hein ;)
    Pour les pages beauté, je te le dis une fois encore, de relire tout ce que j’ai écrit. Bien sûr que l’invesitssement publicitaire vient en majorité des annonceurs beauté. MAIS, il ne faut pas se leurrer, beaucoup de femmes sont intéressées un tant soit peu par ce domaine. Il me semble d’ailleurs que le magazine Votre Beauté n’aurait jamais vu le jour, sinon ;)
    MERCI DE NE PAS CHANGER DE SUJET DE DEBAT ! :) On parle bien là de relations annonceurs / presse féminine (en particulier rubrique beauté) et pas du métier de journaliste. MERCI !!!!

    - Angele : Merci pour ce lien, montrant un exemple fort intéressant ! Mais je me pose une question… Quand on fait la promo d’un film, par exemple, c’est la même chose non ?

  11. Sev on juin 29th, 2008 13:58

    moi je suis plutôt d’accord avec marie. p et je pense pouvoir le dire pour avoir fait des études scientifiques poussées plus ou moins cosméto (entre autres), pour avoir bossé chez l’annonceur et en agence média et pour avoir mon namoureux qui a bossé et bosse dans les 2 plus grands groupes de presse francais…
    Quand tu es chef de produit, qu’on t’appelle pour savoir si tu as dans ta gamme tel ou tel produit qui pourrait correspondre au papier qu’elles ont à faire, que tu dois rédiger par mail tout l’argumentaire (qui correspond le mieux au papier à faire bien-sûr), envoyer les photos en haute def. Bien-sûr en speed car c’est toujours pour l’avant veille. Que comme tu es une petite marque qui a ni les moyens de faire de la pub ni d’avoir une attachée de presse bah tu craches pas dessus et fait ce qu’on te demande. Et bien-sûr tu retrouves tes phrases au mot près avec la photo envoyée dans le dit article. Et il n’est absolument pas question d’investigation…Et Mlle Capucine-Babillages, tu ne pourras pas nier puisque c’est comme ça que l’on s’est connu si tu te souviens bien…
    A moins que de choisir quelles marques appeler qui pourraient avoir le produit qui correspond puisse être de l’investigation. hum hum sinon je ne vois pas.
    Après je ne dis pas que ca n’est pas le cas aussi dans les autres domaines, je ne les connais pas et me permets pas de juger, en revanche celui-ci je le connais très bien et ça se passe comme ça.

  12. deedee on juin 29th, 2008 14:04

    No comment.

  13. Babillages on juin 29th, 2008 14:08

    - Sev : Effectivement, le jour où je t’ai contactée, c’était dans le cadre d’un papier. Je t’ai contactée parce que j’avais besoin de produits qui pouvaient coller à ce sujet, notamment parce qu’on était à la bourre et qu’on devait boucler le magazine. Après, savoir si c’est moi ou pas qui ai signé ce papier, je n’en sais rien. Mais toujours est-il qu’à l’école on m’a appris à ne pas recopier les DP, donc je pense que je n’aurais jamais commis une pareille faute. Tu dois pousser le bouchon un peu trop loin ;) Cela dit, tu sais, des journalistes qui recopient l’AFP, il y en a plus qu’on ne le croit ;)
    Personnellement, je suis vraiment déçue que tu réagisses comme ça. En tant que néophyte dans le domaine, je m’évertue à ne pas paraître “pétasse”, ni même à me la jouer, quand je bosse. Après, si je t’ai parue froide au téléphone, sache que c’est parce que j’étais dans le speed et rien d’autre. Si tu as un problème personnel avec moi, merci de le régler par mail :)
    Fin de la parenthèse et retour au débat. Merci.

    - Deedee : ;)

  14. alexa on juin 29th, 2008 14:23

    je pense que ce débat sur la remise en cause du terme de “journaliste beauté” est totalement justifié : d’ailleurs, le titre de ton post le dit bien ” les rédactrices beauté sont-elles des vendues ? ” ; c’est juste une question de diplôme si j’ai bien compris la différence entre rédactrice et journaliste ? C’est étrange parce que tu nommes toi même l’une de tes catégories sur ce blog “Vis ma vie de journaliste beauté”.

    c’est interessant car je viens te tomber sur les règles éthiques des journalistes ; par exemple, le rapport Charon remis au ministère français de la Culture et de la Communication en juin 1998 ( oui Babillages, moi aussi je lis Wikipédia ) et en voici certaines . Les journalistes :
    -n’acceptent aucune consigne d’un annonceur
    -en exerçant son esprit critique, qui impose de douter méthodiquement de tout
    -s’interdisent de percevoir quelque avantage que ce soit en raison de la publication ou de la non-publication d’une information

    … parmi tant d’autres.
    Il se trouve aussi que à la différence d’autres professions ( comme les avocats et les médecins ), la déontologie des journalistes n’est pas régie par un code de déontologie mais c’est une simple charte ” morale ” à laquelle le futur journaliste doit adhérer. *

    sinon je vous recommande à toute le livre Beauté d’Enfer, éditions Siloé, 19 €, parution le 20 octobre 2006.

  15. Sev on juin 29th, 2008 14:26

    Non non Capucine ne t’inquiète pas, cet exemple n’était pas forcément dirigée contre toi en particulier. C’est juste ce qu’il s’est passé tout au long de mon parcours chez cet annonceur et plusieurs fois par semaine donc je faisais une anecdote générale et je peux t’assurer que c’était vraiment flagrant et que ça se passait comme ça à CHAQUE fois.
    pour ce qui est de notre anecdote personnelle je ne peux même pas dire si toi tu en a fait de même puisque j’ai quitté la boite le soir même et toi le journal aussi. En plus, je pense que tu es vraiment sincère dans tout ce que tu dis ci-dessus, est-ce que c’est parce que tu es une vraie passionnée pas encore blasée, peut-être, j’ai l’impression en tous cas que tu as bien conscience du problème et que tu es plutôt intègre. En espérant que ça dure, mais je ne suis pas mauvaise langue et je me dis que ça se peut carrément…
    juste une petite remarque un peu plus personnelle : quand j’ai eu des choses à te dire je les ai toujours dis, par mail (enfin fb même) comme tu le sais, et je n’utiliserai pas ce blog pour le faire même si c’est plutôt tentant car au moins ici tu réponds…fin de la parenthèse comme tu dis :)

  16. Babillages on juin 29th, 2008 14:34

    - Alexa : Les cosmétiques que nous recevons sont nos outils de travail. Ni plus ni moins.

    - Sev : Merci. Je te contacte par mail dès mon retour de vacances. Parce que oui oui, je traine sur ce blog alors que je suis censée boucler ma valise ;)

  17. Angele on juin 29th, 2008 18:50

    ah non, ce n’est aps la même chose pour la promo d’un film étant donné que les producteurs / distributeurs de films n’achètent pas des pages et des pages de pub dans ces magazines. Evidemment que les stars des couvertures de magazines font vendre, mais on ne retrouve pas les mêmes personnes à chaque numéro comme on peut retrouver les mêmes marques. La notion de dépendance est totalement différente.

    Allez, bonnes vacances (mais j’arrive certainement trop tard) ;)

  18. anastasia on juin 30th, 2008 12:02

    Bonjour!

    je travaille moi meme dans un societe “annonceur” mais pas en France…en Espagne. Bien que Glamour, cosmo…existent ici aussi, le contenu redactionnel est bien différent du français (les revues feminines françaises étant de bien meilleur qualité…mais ceci est un autre debat).
    Et bien ici je constate ici en Esapgne la chose suivante: pas d´achat d´espace publicitaire, pas de “redactionnel” (gratuit ) sur nos produits.
    Par contre, les marques qui investissent beaucoup (je ne citerai pas la marque qui commence par L) acaparent toutes les pages “beauté” des magazines.
    C´est bien pourquoi j´ai parfois des doutes quant aux pages beauté: vraies recommendation ou donnant - donnant??
    Je parle ici des magazines espagnols, je le rappelle. Mais je constate aussi cela en France (facile de repérer les redactionnels donnant - donnant dans une revue: une page de pub pour X et 3 pages plus loin, on recommande le fameux produit X!).

    Ceci dit, certains magazines feminin (je pense notamment à Votre Beauté, mais il y en a sans doute beaucoup d´autres d´autres) on vraiment pour but de donner de vrai conseils à leurs lectrices, en recommandant des produits que les redactrices ont elles memes testé.

    ce debat est interessant et necessaire, mais la “simple lectrice”, j´entends celles qui n´est ni journaliste, ni ne travaille dans la pub ou le make up, a- t- elle concsience de tout ça? je ne crois pas!!!
    Voilà pourquoi les revues feminines sont de varies prescriptrices: si la revue parle de tel ou tel produit, il doit être bien, non?

    Finalement, pour répondre au commentaire de Marie P, je ne pense pas que les pages beautés soient là pour faire plaisir aux annonceurs: si un magazine feminin n´incluait pas de partie ” beauté “, il lui manquerait quelque chose, non??

    Cordialement.

  19. Dans Ma Bulle - Blog de Mlle Gima - v.4.2 » Blog Archive » Cette semaine on the blogosphère on juillet 6th, 2008 11:06

    […] Les rédactrices beauté sont elle des vendues par Babillage […]

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