
Désolée les amis, le titre est un peu pourri mais c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. Linus, un fidèle lecteur m’a envoyé un mail alors que j’étais en vacances. En gros, ça disait : « je suis fan de ton blog, de toi, tout ça tout ça mais je préfère quand tu racontes ta life plutôt que quand tu nous vantes les mérites de telle ou telle crème ». Je prends note de la doléance et je me dis qu’il faut que je trouve des billets sympas à rédiger sans pour autant raconter ma vie – rapport que c’est une chose que je ne veux plus faire, pas que ça me dérange de partager ça avec vous. Mais c’est plutôt que je n’ai pas forcément envie de la partager avec certaines personnes. Bref. Passons.
En fait, je n’ai pas vraiment eu besoin de me creuser la tête, le sujet est venu à moi tout naturellement. Et pour cause. En un petit mois, j’ai entendu / lu ceci :
- Capu, je te trouve bien mais tu as des trop petits seins.
- En septembre, j’te paye du silicone !
- Les filles aux gros seins me font davantage fantasmer (Copyright Osmany. Rendons à César ce qui est à César, n’est-ce pas ?!)
- Moi au moins, je ne fais pas du 80A et je n’ai pas le corps d’une gamine de 12 ans (Copyright Mathilde. Là aussi, rendons à César ce qui est à César.)
- Oh, c’est génial, tu dois pas avoir besoin de soutif’, toi !
- T’as pas de seins !
Pour certaines, ces paroles pourraient faire le même effet qu’un coup de poignard ; ce serait fatal. J’avoue que pour moi, c’est tout le contraire ! Bien sûr, si je pouvais, j’arborerais fièrement une opulente – mais pas trop – poitrine, je paraîtrais peut-être ultra féminine sans avoir à faire d’efforts. Mais le fait est que je fais un tout petit 85b. Tout petit petit. Et c’est comme ça, point barre.
Je n’ai pas grandi comme mes copines. Forcément, à l’adolescence, ça m’embêtait mais les tee-shirts amples ne sont jamais passés par moi. Au contraire, j’ai filé chez H&M et je me suis offert des soutien gorge ultra rembourrés, histoire de créer de grosses illusions d’optique. A cela combinez des petits hauts un peu moulant et le tour était joué : je trompais allègrement mon monde. Jusqu’au jour où j’ai eu un namoureux. Là, force est d’avouer que tout de suite, tout a été un peu plus compliqué. Et puis, il m’a sorti une phrase toute mignonne, un truc du style « ouais mais t’es plus près de mon coeur comme ça ! ». Ca vous paraît sans doute anodin voire super bête et cliché, n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est la phrase qui a tout fait basculer. Comme quoi…
Ce jour là, j’ai compris qu’être féminine ne rimait pas forcément avec « avoir de la poitrine ». Bien au contraire. La féminité passe par des tas d’autres choses : des attitudes, un mode de pensée, la manière dont on s’habille, un port de tête, l’intonation de la voix, la façon dont on prend soin de soi… Alors, j’ai laissé pousser mes cheveux, j’ai osé porter des fringues que je n’aurais jamais osé porter, j’ai enfilé de jolis escarpins, j’ai appris à me maquiller … Petit à petit, la femme qui sommeillait en moi s’est réveillée.
Oh, ça ne s’est pas fait en deux temps trois mouvements, hein. Il a fallu passer par de douloureuses et houleuses phases d’acceptation de soi et surtout, apprendre à accepter et faire fi du regard des autres. .. Grandir, somme toute. Avec le temps, tout s’estompe ou tout s’amplifie, cela dépend. Pour ma part, ce mal-être d’antan a été totalement étouffé sitôt l’adolescence terminée. Mais je ne m’en cache pas, j’en parle même sans pudeur aucune puisque c’est une chose que j’ai vécue et ressentie au plus profond de mon être.
Aujourd’hui, tout va bien. Mes soutien gorge ne sont plus du tout rembourrés et je porte même de jolis décolletés. Il y en a à qui ça ne plaît pas, un autre que ça rend dingue. Et c’est tant mieux. Moi ça me plaît, moi je me plais. Et quand on me propose de tester des Wonderbra pour ce blog, j’accepte sans grande conviction. Quand je les reçois, je les enfile et je me vois avec des seins, ou plutôt « comme si j’avais des seins ». Je n’aime pas ce reflet dans le miroir : ce n’est pas moi, c’est une autre.
Aujourd’hui, j’en ris. Pas pour cacher un mal-être, bien au contraire : juste parce que je me suis totalement acceptée. Les critiques à ce sujet peuvent pleuvoir, je m’en contre-fous. De toute façon, tous les goûts sont dans la nature. Et puis, entre nous soit dit, critiquer les gens sur leur physique, je ne trouve pas ça malin du tout : on y peut rien, point, non ? ( Surtout qu’avec le temps, j’ai pu me rendre compte que bien souvent, c’étaient les personnes mal dans leur peau qui se permettaient de jauger et juger le physique des autres… )
La morale de cette histoire ? Qu’il suffit juste de s’aimer soi-même et de s’assumer. Ce qui aux yeux de beaucoup de personnes peut paraître comme un défaut, on peut en faire un atout. Et ça, c’est ce que je cultive. :-)

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