Je sais, le jeu est sorti le 25 avril. Et nous sommes le 27 septembre. 5 mois. 5 mois pendant lesquels j’ai réussi à louvoyer tant bien que mal, à éviter cette saleté de Wii Fit. 5 mois que je réponds « non mais tu comprends, j’ai des verrues, j’peux pas poser mes pieds nus sur le plateau de jeu ». 5 mois que je me dis « moi, jouer à ce truc ? JAMAIS ! ». Et pourtant… Sachez qu’il ne faut jamais dire jamais…
Dimanche soir. 20h. Mon week-end luxembourgeois touche à sa fin. Je me vois bien continuer à loquer gentiment dans le canap’ jusqu’à minuit, devant MTV… tranquille quoi ! Sauf que non : « What happens in Luxembourg stays in Luxembourg » me dit E. Je sais pas pourquoi, mais il a l’oeil goguenard, le E. Je sens qu’il mijote un truc. Voire même qu’il a fomenté un complot (universel ?) avec G. Eh ouais, j’avais vu juste : on me somme de monter sur une balance Wii Fit. Ô joie. Ô bonheur. Comment faire pour y échapper ? Sauter par la fenêtre ? Du deuxième étage, c’est chaud : mourir au Luxembourg, c’est pas glam’. Hmmm… Je ne vois aucune autre échapatoire… Allez, zou. On se lance.
Les chaussettes à peine enlevées, me voilà sur la balance, en train de subir la pesée règlementaire. Suis-je obèse ? Suis-je trop maigre ? Bim, c’est dit : je suis en sous-poids, mon IMC est merdique et j’ai un sens de l’équilibre assez pourri : « vous n’êtes pas stable, vous devez souvent trébucher dans la rue », qu’elle me raconte la Wii Fit. Si elle savait… Je suis née en trébuchant, je crois. Ca, c’est fait.

Mais ce n’est pas tout, hein. Sinon c’est pas (assez) drôle. Vient ensuite l’épreuve – oui oui, l’épreuve – du Hoola Hoops. On me demande shaker mon booty comme ça, là, maintenant tout de suite : au milieu du salon, devant E et G, deux mâles. Ah ah ah. « Allez, bouge ton cul ! ». Merci G pour ces encouragements. Je bouge donc mon cul. Je tourne à droite. Je tourne à gauche. Un peu plus et je me mets à chanter « je mets le doigt devant, je mets le doigt derrière ». J’me sens conne, mais conne… Soupir….
Au bout de 3 secondes trente, mon cerceau tombe : il fait la gueule, là, en bas de mes chevilles. Désespérée, je tente donc un nouveau « jeu » : le ski. DU SLALOM. Alors là, je vous épargne les détails quant à la position idéale pour slalomer harmonieusement en wii fit. Je crois que G a tout résumé : « on dirait que t’es constipée ». Le ridicule ne tue pas, le ridicule ne tue pas, le ridicule ne tue pas…. Méthode Couet de merde !
Enfin… Le meilleur pour la fin… E décide que je suis le cobaye idéal pour tester un nouveau jeu : le footing en couple. Le principe ? Mettre une wii mote dans sa poche, et courir, comme un con dans son salon. Déjà que courir tout seul, c’est d’un chiant. Mais courir dans le vide avec sa moitié c’est d’un ridicule… Je cours, je cours. Je transpire aussi. Beaucoup, même. Et là, éclair, E a une idée génialissime : « en fait, faut pas courir, il suffit de secouer la wiimote, c’est tout comme ». Et me voilà donc, en train de simuler un geste lourd de sous entendus bien graveleux, dans le salon. Je suis là, hilare, à secouer la wiimote de haut en bas, à fond les manettes. Je crois bien qu’à la fin, la wiimote m’avait épuisée.
La chute de cette histoire sans fin ? C’est que même si on tombe bien bas, il faut savoir garder la tête haute. C’est ça, le challenge.

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