Quand je romps avec un garçon, je me mets à souffrir de troubles obsessionnels compulsifs. Je fume. Beaucoup. Trop. J’écoute des chansons tristes. Je ne me nourris que de glace Ben&Jerry’s Cookie Dough. Et surtout, je deviens tarée côté beauty. Je me remets à faire des gommages. Comme si je cherchais à avoir une nouvelle peau. Je passe mon temps à m’hydrater. Peut-être parce que je me dis que je vais devoir me faire des câlins à moi-même alors autant être douce.
Je porte du rouge à lèvres bien rouge quoi qu’il advienne, et si jamais je bois un verre je me remaquille dans le métro (truc que je déteste à la base). Quand je romps je me maquille beaucoup plus que dans la vraie vie, comme s’il fallait camoufler un truc. Des cernes peut-être, de la tristesse sans doute.
Il y a deux jours j’avais du rose pétant sur les paupières. Hier soir j’avais un smoky eye de bâtard, juste pour un verre en tête à tête avec une amie. Aujourd’hui dimanche, j’hésite entre des lèvres rose fuschia ou corail. Je deviens obsédée. Et je passe mon temps à m’appliquer de la Crème de Huit Heures partout. Comme s’il fallait tout réparer, tout faire cicatriser avec des produits de beauté.
Et je ne vous parle pas du pire qui est à venir : les cheveux. A ma dernière rupture j’étais devenue blonde. De rousse j’étais passée à blonde, comme ça. Je voulais être une nouvelle moi. Là, hors de question de changer de couleurs de cheveux j’aime trop mon blond. Je vais sans doute aller me faire retoucher les racines, et surtout me couper les cheveux. Virer cette longueur qui l’a fasciné dès le début lorsqu’il a passé sa main dans mes cheveux pour savoir si c’était des extensions ou pas. Je ne compte pas tout couper non plus. Mais un peu, pour revivre.
J’ai des rituels à la con. Je sais. Mais putain, qu’est-ce que ça fait du bien. Ca aide à revivre. Je déteste parler de trucs personnels ici. Mais là, ça fait du bien. Allez, je file, j’ai un rouge à lèvres à choisir avant de filer au théâtre.
PS : Papa, tout va bien. Je survis, t’en fais pas.

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