
Je discutais dernièrement avec une amie de chirurgie esthétique et plus particulièrement d’une opération de communication online pour un centre esthétique de la rue de Ponthieu à Paris. En gros, je vous dresse le topo : un médecin veut faire parler de lui, il propose à des blogueuses une botox party (ou une épilation au laser si on est trop jeune pour le botox) et roule ma poule. Ce concept, s’il m’a fait sourire et a pu m’emballer par curiosité au début, ne me dit rien qui vaille.
Pour ma part, je n’irai pas. Parce que je pars du principe que si j’ai envie de faire un post sur la chirurgie esthétique ici, il faut que l’initiative vienne de moi. Et pas d’un médecin qui a envie de faire sa publicité ni vu ni connu. Si j’écrivais un billet à ce sujet, mes réflexes de journaliste reprendraient le dessus : je poserais des questions à un intervenant, pourquoi pas les questions que vous vous posez d’ailleurs, tout en citant le nom du médecin comme intervenant mais en aucun cas j’accepterais une intervention en échange. Parce que là, ça revient à faire de la publicité et c’est totalement différent d’informer pour dire de transmettre une info… D’ailleurs, cette pratique reviendrait pour le médecin à faire commerce de sa profession, ce qui est je pense interdit par la loi.
Pour tout vous avouer, ce médecin m’avait contactée au début pour que je m’occupe de sa communication online. Il m’avait présenté son projet, m’avait parlé de rentabiliser ses machines, de rameuter du client. Je peux comprendre que les appareils d’épilation laser (par exemple) coûtent chers, mais tout de même : on ne fait pas ce genre de chose à la légère. Et ça me dérangeait de vendre ce type de pratique à mes copines blogueuses. Je ne dis pas que ce médecin est un charlatan mais si une blogueuse avait un souci pendant l’intervention ? Et la déontologie ? Et l’éthique ?
Pour revenir à la botox party, j’avoue que le terme est marrant. Ca me fait penser aux soirées tupperwaere pour la vente de sextoys. Sauf qu’un sextoy, c’est anodin. Mais toucher à sa peau, s’injecter du botox pour dire de tester le bazar et en faire un reporting ensuite sur son blog en incitant ses lectrices à courir à cette adresse c’est très très douteux. Là, c’est franchir un pas : autant jouer le jeu en échange de quelques produits de beauté, ça ne fait de mal à personne… Autant là, cela soulève davantage de questions.
J’ai le souvenir d’une blogueuse qui avait parlé de sa chirurgie réparatrice sur son blog. J’avais apprécié la démarche, parce que c’était son récit, un truc touchant qui fait réfléchir. Pas l’apologie d’une entreprise. Ni celle d’un médecin qui cherche à appâter des nouveaux clients.
Je ne remets pas en cause les pratiques de la blogueuse qui se charge de cette opération de comm’ online. C’est son choix. Et je la respecte. Mais je tiens à ma crédibilité, mon honnêteté et à ne pas sombrer dans le glauque. Alors cela sera sans moi.

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