Faut-il se méfier des cosmétiques ? – Babillages – Le blog beauté des beauty addicts

Faut-il se méfier des cosmétiques ?

Edit du 21 février 2017. UFC-Que Choisir vient à nouveau de sortir une enquête sur l’industrie cosmétique à base de mots chocs tels que « toxique » ou « irritant ». Si des consommateurs avaient des doutes quant aux effets secondaires de certains composants de leurs produits : fort bien, ce type de papier leur apprendra quelque chose. Pour les autres… absolument rien de nouveau ! Une fois encore, il s’agit à mon sens d’un papier anxiogène et très vendeur. UFC-Que Choisir a bien compris que ce type d’article « faisait le buzz » (et j’y contribue à ma façon, ahah) et continue dans cette voie. Notons que c’est la troisième enquête du genre sur les cosmétiques en un an…

Article initial du 29 février 2016 :

Je m’étais jurée de rester loin du web pendant mes vacances. Et puis, un après-midi, j’ai ouvert mon appli mobile Facebook. Une actu est remontée dans mon feed, faisant état de « molécules toxiques dans les cosmétiques« . J’ai cliqué. J’ai lu, assez mitigée par ce que le journal relatait.
J’ai surfé rapidement sur d’autres sites d’actus généralistes pour constater la même chose : on employait les grands méchants mots qui font peur.

TOXIQUE. DANGEREUX. INQUIETANT.

Mais au final, je n’y apprenais pas grand chose hormis le fait que « ouh la la, l’industrie cosmétique c’est LE MAL et qu’elle ose fabriquer des produits de merde qui nous tuent à petit feu sans nous le dire » (j’exagère mais grosso modo c’est ce que beaucoup de gens ont tiré comme conclusion…)

cosmétiques à éviter

Je suis donc allée lire l’étude à sa source, chez UFC Que Choisir, afin de mieux comprendre de quoi il en retournait – et ainsi me débarrasser des interprétations et explications simplistes de certains journalistes qui, soyons honnêtes, ne s’y connaissent pas trop dans ce domaine.

Oui, des ingrédients cosmétiques peuvent donner lieu à des effets secondaires

Je pense que si vous lisez Babillages depuis un petit moment, vous commencez à comprendre comment sont pensés et fabriqués les produits de beauté. Alors, forcément, vous savez depuis longtemps que certains ingrédients cosmétiques peuvent donner lieu à des effets secondaires sur le court ou le long-terme. Je vous invite d’ailleurs à (re)découvrir ces posts qui pourraient vous guider dans vos choix cosmétiques :

Oui, un shampooing ou un gel douche aussi doux soit-il en apparence peut vous filer des démangeaisons ou des allergies. Oui, un produit de maquillage aussi cool soit-il peut favoriser la poussée de votre acné. Oui, un produit de beauté qui est sensé faire du bien peut déclencher de belles déceptions ou de jolis désagréments chez les utilisateurs. Et je ne parle même pas des vrais débats de fond liés à la santé (on y reviendra plus bas)

  • L’étude Que Choisir n’apporte pas d’information nouvelle à ce sujet aux consommateurs curieux et avertis.
  • En revanche, et je trouve cela intéressant et important : elle a le mérite d’ouvrir les yeux à des consommateurs sans doute un peu moins conscients de ce qu’ils utilisent. C’est d’ailleurs assez « rigolo », depuis que je suis rentrée de congés, plein de contacts d’habitude peu ou pas du tout sensibles à la cosméto me contactent pour me dire : « oh la la, j’utilise ce produit, il est hyper dangereux !!!!!!« … Comme quoi, cela a au moins le mérite d’interpeller les gens et de les aider à se poser des questions sur ce qu’ils achètent… A condition qu’ils lisent entre les lignes de l’enquête…

Mais, il ne faut surtout pas confondre « irritant » et « toxique »

Je vous avoue avoir été très très très étonnée par ce qu’avance la fameuse étude et par les conclusions qui ont été tirées. Comme si, à force de vouloir vulgariser le tout (ou de vouloir pointer du doigt une industrie qui est idéale dans le rôle du Grand Méchant Loup Capitaliste), on en avait oublié le vrai sujet :

  • Ainsi, pour Que Choisir : molécules irritantes, allergènes ou perturbateurs endocriniens semblent mis allègrement dans le même panier. C’est comme si je mettais sur le même plan une allergie à un aliment qui ne présente rien de dangereux pour les consommateurs qui n’y sont pas allergiques et les dangers du tabagisme, vous voyez… C’est un peu perturbant car ça n’implique pas nécessairement les mêmes dangers et en aucun car cela ne permet de faire des généralités alarmistes dans le premier cas… En tout cas moi, ça me dérange car je trouve que c’est une manière d’interpréter une étude.
  • Une seconde chose m’interpelle : il s’agit de la méthodologie de repérage des ingrédients dits irritants, allergènes ou toxiques.
    • Est-ce que Que Choisir prend en compte la manière de formuler un produit dans sa globalité ? Car les experts en la matière le savent et me l’ont suffisamment expliqué : une composition de produit est à considérer aussi dans son ensemble car des associations permettent justement de limiter les méfaits d’un ingrédient A.
    • Et est-ce que Que Choisir a eu accès au taux de concentration de ces fameux ingrédients dans les listes INCI ? Car là encore, n’importe quel expert vous expliquera que ça joue énormément…

Au sujet des perturbateurs endocriniens

Je trouve l’avis de Céline Couteau, Maître de conférences en pharmacie industrielle et cosmétologie, Université de Nantes, et de Laurence Coiffard,Professeur en galénique et cosmétologie, Université de Nantes très intéressant. Elles le partagent sur TheConversation, je vous retranscris le passage qui nous concerne. 


« Les molécules désignées comme étant des « perturbateurs endocriniens » sont des molécules qui sont des milliers à des millions de fois moins oestrogéniques que le 17 beta-estradiol que nous synthétisons nous-mêmes dans notre organisme. Les cosmétiques étant des formes topiques, ces molécules après application du produit sur la peau ne se retrouveront pas, à 100 %, loin s’en faut, dans la circulation sanguine. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de barrière cutanée dans le cas d’une peau saine. Il est donc curieux d’alerter les consommateurs sur les risques « homéopathiques » liés à l’utilisation d’ingrédients cosmétiques désignés sous le nom de PE alors que l’on ne se soucie aucunement des perturbateurs endocriniens administrés par voie orale (compléments alimentaires, médicaments…). Il est bon de rappeler qu’il n’existe pas de consensus dans le domaine. »


Bref, vous l’aurez compris : deux poids deux mesures… Tout est une histoire de mise en perspective, après tout.

Au sujet du fameux MIT

C’est l’un des ingrédients pointés du doigt par Que Choisir comme étant très irritant. Ce n’est pas la première fois que le méthylisothiazolinone est au coeur des débats, notamment concernant les produits d’hygiène pour enfants. En réalité, l’industrie cosmétique est déjà au courant des risque irritants du MIT puisqu’en 2012, la Société Française de Dermatologie avait pointé du doigt ce composant cosmétique. Le 23 octobre 2014, suite à un papier alarmiste de 60 Millions de Consommateurs (même genre d’article que l’étude de Que Choisir), la SFD s’était à nouveau exprimée à ce sujet, indiquant ceci :


Malgré les alertes des experts des sociétés savantes et les directives et recommandations européennes visant à interdire ou à réduire leur utilisation et leur concentration, certains allergènes – certains parabens, colorants, méthylisothiazolinone (MIT)… – sont encore présents dans de nombreux produits d’usage courant.

La Société Française de Dermatologie s’inquiète depuis plusieurs mois d’une augmentation alarmante du pourcentage de patients sensibilisés, notamment à un conservateur, la MIT.


Pour résumer, le MIT est une substance qui peut provoquer des réactions allergiques et très irritantes (eczéma) par simple contact. Cela a été souvent constaté sur de très jeunes enfants, notamment via l’utilisation de lingettes nettoyantes. Quelques faits intéressants à noter :

  • En 2013, la FEBEA s’est exprimée contre l’usage de MIT dans les cosmétiques non rincés. Depuis, les marques adhérentes de la FEBEA se sont engagées à retravailler les produits concernés. Seulement, les changements prennent du temps.
  • Bien avant la parution de l’étude Que Choisir, le gouvernement Français a déjà pris position à ce sujet. En effet, le ministère de l’Environnement s’est exprimé en faveur de l’interdiction du MIT dans les cosmétiques non rincés.
  • Sachez aussi que le processus d’interdiction de la méthylisothiazolinone est en cours côté Commission Européenne, cela devrait être statué d’ici septembre 2016 au plus tard.

Que penser de l’industrie cosmétique, alors ?

Ce que vous voulez, ce post n’est pas là pour chercher à tout prix à répandre « la bonne parole ». Ceci dit, un véritable climat de doute et de tensions à son sujet s’est installé ces derniers temps. Il suffit de lire des commentaires sur le web pour se rendre compte de l’étendue des « dégâts ». Quand on sait qu’en plus Internet est un formidable nid à infos et contre-infos pas forcément vérifiées/mises à jour, cela devient vite facile de se faire une opinion sans vraiment connaître « la vérité vraie »… Je trouve que Sophie Strobel, experte ès formulation cosmétique depuis 15 ans résume parfaitement bien les choses :


La réglementation cosmétique évolue par ailleurs très régulièrement avec les avancées de la Recherche. Et il n’y a jamais eu de scandale sanitaire grave lié à un produit cosmétique (pas de vache folle, de dioxine, de cheval caché, de sang contaminé…). N’oublions pas non plus que tous les produits cités dans l’étude respectent la loi, et aucun industriel (= être humain doué d’un cerveau et d’un cœur) n’a réellement envie d’empoisonner ses consommateurs à petit feu pour faire plus de profit comme on essaye parfois de nous le faire croire. En réalité, la Profession, même si elle n’est pas parfaite, s’auto-régule plutôt très bien. 


A titre personnel, je pense que le terme « méfiance » est plutôt fort, car il implique presque implicitement qu’on nous cache systématiquement et nécessairement des choses. Je suis en revanche convaincue que tout est une histoire de réflexion, de bon sens et de libre-arbitre : chercher à savoir ce que l’on consomme, ce qui nous convient, ce que l’on souhaite éviter et pourquoi, etc… Et donc, chercher à s’informer, à décrypter, à mieux comprendre avant d’acheter.

Je suis également persuadée qu’un véritable travail d’éducation est à faire auprès des consommateurs. Je ne sais pas si c’est aux marques à proprement parler de le faire (je n’ai pas la réponse à cette question, j’y réfléchis !) ou aux relais d’informations comme la presse, les blogs et les chaînes Youtube. Nous sommes tellement habitués à aborder la cosmétique par l’angle produit qu’on en oublie souvent d’expliquer ce qui se cache derrière tout ça, après tout… A l’inverse, je déplore que certains relais d’information et d’influence ne s’emploient qu’à démolir, inquiéter et créer des réactions anxiogènes et contre-productives.

Mais, au-delà de ça, une clarification des packagings et supports de communication cosmétiques est à envisager. La loi aidant, les marques se font de plus en plus précises à ce sujet. Mais on peut mieux faire, toujours… (Certains e-shops beauté très connus ne notent toujours pas la composition des produits qu’ils vendent, par exemple….)

J’espère que ce post vous aura permis d’y voir un peu plus clair ou d’envisager de nouvelles pistes de réflexion. Je sais à quel point ce genre de sujet peut échauffer les esprits : si vous souhaitez commenter sous cet article, merci de le faire dans le calme et le respect d’autrui :) 

Babillages

Capucine Piot est la fondatrice & l’éditrice de Babillages depuis 2007. Elle déteste faire des biographies, et encore plus parler d’elle à la 3° personne, mais il paraît qu’il fallait remplir cette case ! Si vous me suivez depuis 10 ans, vous savez qui je suis ! Si vous venez d’arriver… vous le saurez bien assez tôt.

73 commentaires
  1. Merci Capucine pour cet article,
    Je psycote sur tout ce que je mets sur ma peau depuis que j’ai entendu parler de cette polémique! Ça me fait trés peur…Pourtant j’achète quasiment tout mes produits en pharmacie en me disant que c’est mieux mais au final je suis complètement perdue… Y a t’il des marques en lesquelles tu a 100% confiance et que tu acheterais les yeux fermés?

      1. Bonjour .

        Je crois qu’un post sur un sujet rarement abordé serait de bon aloi …

        Notre corps a t’il vraiment besoin de tous ces produits ?

        Perso, au delà des huiles végétales, le choix d’un shampoing,alterner les savons et des fois d’un peu d’argile je ne me sert de rien d’autres ..

        Merci pour l’article, je pensais le même chose

  2. Hello Capucine!
    J’étais aussi en congé quand j’ai vu ces infos passer et j’au bien senti un vent de panique sur le Web.
    Ton article est clair et construit et surtout pondéré. Merci de synthétiser tout ça.

    Je pense aussi que « l’éducation » et le bon sens sont des valeurs importantes dans l’équation. Et que, le Web amène parfois (ou souvent?…) le consommateur à se perdre.
    Des fois, je fais « ma vilaine » (lol) en magasin quand je demande ce qu’il y a dans certains produits et parfois les réponses me laissent pantoise!

    Merci et à bientôt!

    1. Bonjour Sarah, j’espère que tu as passé de bonnes vacances alors :)) Je pense malheureusement que le web peut être aussi pervers que formidable et induire le consommateur en erreur :(

  3. Bonjour Capucine,
    Je suis étudiante en cosmétologie, et mon dieu que ton article est vrai et intéressant. Je pense qu’il y a bien pire que les produits cosmétiques… Notamment les médicaments! Mais c’est un autre débat.
    On tâcle, malheureusement, bien trop souvent sur l’industrie cosmetique (test en labo; composition…) et c’est bien triste car c’est un marché qui rapporte beaucoup beaucoup de € et donc d’emplois….
    Merci Capucine pour ce bel article plein de bon sens :)

    1. Bonjour Marie-Camille, je vois que nous partageons exactement la même sensibilité ;)))) Et entre nous, c’est justement car c’est un marché porteur que c’est « rigolo » et porteur de taper sur cette industrie pour faire le buzz et générer des clics sur son site Internet / vendre son magazine… Oups ;)

  4. J’avoue que j’ai moi même pensé en voyant apparaître un article sur cette étude: « ohlala quelles cochonneries, heureusement que la moitié de mes produits cosmétiques sont naturels et/ou bio. » Ton article fait bien apparaître les limites de ces articles qui relaient les études, et même des études elles-mêmes. Merci donc d’avoir différencié produits allergènes et toxiques, et pour ton éclairage sur les perturbateurs endocriniens notamment.
    Il est dommage que ce type d’études soient publiées sans les clés pour les comprendre correctement, on (journalistes et consommateurs) a ainsi vite fait de tout mettre dans le même panier et de penser qu’on ne peut plus rien acheter sans que cela soit mauvais pour notre santé d’une façon ou d’une autre!

    1. Bonjour Lise, c’est exactement ce que je déplore : livrer une étude avec une analyse biaisée de base est pour moi une mauvaise chose. C’est donner les mauvaises clefs aux consommateurs et aller quasiment à l’encontre de la volonté de départ qui est d’informer et de sensibiliser. Là, on crée des réactions anxiogènes en chaîne, c’est contre-productif :(

  5. Article plein de bon sens :).

    Petite précision concernant la citation qui me concerne (quand je dis qu’il n’y a jamais eu de scandale sanitaire grave), parce que plusieurs lectrices m’ont parlé du scandale du talc Morhange dans les années 70, qui a conduit à la mort d’une trentaine de nourrissons et à la 1ère réglementation cosmétique en 1976, et que tu risques d’avoir la même remarque.
    J’avais hésité à le signaler mais finalement estimé que c’était hors sujet, et je ne souhaitais pas compliquer encore les choses, les rendre plus confuses alors que c’est justement ce que je reprochais à Que Choisir et 60 Millions de Consommateurs. Il s’agissait là d’une erreur de dosage – hyper grave, mais une erreur isolée. J’aurais dû dire « il n’y a jamais eu de scandale sanitaire grave dans des conditions normales d’utilisation, avec des produits conformes à leur cahier des charges. » !!! ;).

  6. Article super intéressant qui remet bien les choses en perspective. Malheureusement dès qu’un média à forte influence commence à faire ce genre d’article ça fait souffler un vent de panique sur tous les consommateurs alors qu’en fait il n’y a rien de neuf sous le soleil… Etant pharmacienne j’ai très souvent le cas de personnes qui sont persuadés que les vaccins sont nocifs à cause de tout ce qu’ont pu dire les médias, difficile de leur faire entendre raison une fois que le mal est fait !!

    1. Comme je te comprends ! J’ai déjà entendu ce type d’histoire(s) de la part de pharmaciens. et tu as raison, une fois que « le mal est fait » les gens sont convaincus que tu leur racontes des bêtises :(

  7. Bonsoir Capucine,

    J’ai moi aussi lu cette fameuse étude et j’avoue m’être retrouvé un peu perdue et perplexe à la fois, ne sachant quoi penser (les journaliste en ont-ils encore une fois fait des tonnes ou y-a-t’il de vrais soucis avec certains produits). Ravie que tu m’aies éclairci sur le sujet, je regrette que les journalistes ne nous donnent pas toutes les clés pour comprendre certains cas …
    Encore merci de tes lumières, passe une bonne soirée !
    Alizée

  8. Bonsoir
    j’apprécie beaucoup ton article qui éclairci certains points.
    Sans m’affoler sur cette étude, je ne suis pas très rassurée sur les effets « invisibles » notamment de ce qu’ils appellent « perturbateurs endocriniens ».
    Car même si les risques peuvent être minimes pour une utilisation occasionnelle de tel ou tel produit, sont ils vraiment connus et « divulgés » pour une utilisation quotidienne et durable ?
    Comme j’ai lu dans les commentaires plus haut, le « scandale » est le même pour les médicaments mais la notice permet de préciser les effets secondaires/indésirables possibles.
    J’aimerai juste être au courant et ne pas me réveiller dans quelques années avec des soucis dus à la consommation importante ou non de produit d’hygiène ou de maquillage.
    Je suis également d’accord avec toi quand tu parles de la quantité de produits potentiellement mauvais dans les produits, à partir de quelle dose est ce mauvais ? et quelle dose y a t-il dans mon shampoing, ma crème ou mon dentifrice ?
    Après ce « scandale » justifié ou non ( les dégâts sont faits ) auront nous plus d’informations de la part des fabricants ?

    Voilà quelques interrogations

    Bonne soirée, au plaisir de te lire :)

    Clémence

    1. Bonjour Clemcopp, merci pour ta réaction mesurée. Effectivement, cela fait plein de questions. Je suis « curieuse » de voir quelles vont être les prochaines mesures.

  9. Bonjour Capucine,

    Ton idée de post dédié à l’établissement d’une liste de produits plutôt que la recommandation de marques (en réponse à Emilie) me semble une très bonne idée. Je te remercie de nous apporter ton expérience de testeuse.
    Je viens de m’acheter Novadiol Magistral Elixir de Vichy (recommandée par l’employée de la pharmacie), abonnée aux produits exclusifs « pharmacie », j’avoue m’être laissée tenter par un peu de packaging cosmétique, j’aurai peut-être dû surfer sur la toile avant se suivre aveuglément ce conseil…

  10. Bonjour ! J’ai beaucoup aimé ton article, un résumé très terre à terre, avec des informations vérifiées et de l’intelligence. Je pense que cette « bombe » n’a été lancée que dans une optique : créer le buzz, du trouble dans les esprits voire un peu d’énervement vis à vis des marques.
    Après, ils mettent en avant des produits avec des particules / molécules dangereuses d’accord, mais tout est tellement vite et mal interprété que ça fait effet boule de neige et gros méli-mélo… Tout comme la réforme sur le français, les accent circonflexes (rien à voir mais…). Cela prend vite une tournure limite dramatique sans réelle utilité. Comme tu dis, chacun devrait faire plus attention à ce qu’il achète, et les marques être un peu plus transparentes. Personnellement pour moi, rien n’a changé, je faisais et ferais toujours attention, mais pas de réelle méfiance qui s’est instaurée de ma part en tout cas… Merci pour ton article ! :)

  11. Très intéressant ce que tu m’apprends là sur les MIT, justement il n’y a pas si longtemps que ça je ne connaissais pas ce qu’on leur rapprochait hormis la mauvaise note obtenue sur le site la vérité sur les cosmétiques ))) Merci à toi

  12. (desole par avance, aucun accent dans mon commentaire, j’ecris sur un clavier qwerty)

    Article tres interessant, qui souleve bien l’auto-questionnement qui doit s’imposer de plus en plus selon moi. Je pense que le marketing a pris le dessus sur pas mal de choses et en tant que consommatrice, je reflechis depuis plus de deux ans a ces questions. Ca semble bete mais si on n’est pas responsable soi meme de ce que l’on achete et de ce que l’on s’applique, qui l’est alors? Les industriels connaissent tres bien leur metier et apres formulation et marketing, c’est bien nous qui achetont, sous la contrainte de personne d’autre. Il y a donc bien une histoire d’education a faire a ce niveau ou de prise de conscience (sans passer par la case drama-alerte-breaking-news-journal-de-20-heures)!

    Sur la meme thematique mais de l’autre cote de l’atlantique:
    http://www.reuters.com/article/us-johnson-johnson-verdict-idUSKCN0VW20A

    Et si tu ne connaissais pas encore, l’histoire de la fondatrice de l’appli mobile « Think Dirty ». Concept tres interessant, qui vient du Canada il me semnble:
    http://www.thinkdirtyapp.com/about.php

  13. La Commission Européenne a immédiatement réagi à cette alerte en mandatant le Comité Scientifique Européen (SCCS) pour une nouvelle évaluation de ce conservateur. Suite à un avis non définitif donné par cette instance, et par principe de précaution, l’utilisation du Methilisothiazolinone (MIT) devrait être limitée dans les « produits rincés » et peu à peu éliminée dans les « produits non rincés » commercialisés en Europe.
    Le remplacement d’un conservateur étant une tâche complexe et délicate, toute l’industrie cosmétique avons ouvert un nouveau projet visant à remplacer le MIT par d’autres conservateurs dans les produits existants, dans les développements de produits en cours et dans les développements futurs.

  14. Bonjour Capucine,
    Mille mercis pour cet article qui met bien les choses en perspective et qui apporte des éléments scientifiques concrets à ce sujet, j’ai appris beaucoup de choses aujourd’hui grâce à toi ! C’est toujours un plaisir de recevoir ta newsletter.
    Bonne journée et à très vite !

  15. Comme d’habitude, article très intéressant et intelligent. Je lis les compo avant d’acheter et puis j’achète. Je crois que les gens aiment bien se faire peur !!!!!
    J’ai 60 ans j’utilise des produis cosméto depuis 45 ans et je suis toujours là ….
    en tout cas bravo !!!

  16. Merci pour cet article, qui permet de voir les éléments sous un autre angle, même si j’ai quand même énormément de réserves émises vis-à-vis de certains produits, de certains industriels, de certains ingrédients.

    On peut avoir toujours utilisé un ou plusieurs produits, sans n’avoir aucun effet (et tant mieux !) mais ce ne sera pas forcément le cas pour un autre individu.
    D’où l’intérêt de se pencher sur le sujet, même sur le tard, afin d’en ressortir une prise de recul salutaire, à défaut pour soi-même, au moins pour d’autres.
    Ces enquêtes ont une vision de santé globale et pas nécessairement individuelle, comme on aime bien le penser.

    Par ailleurs, je me rappelle du débat qui avait alarmé la toile sur le BPA contenu dans le plastique, et plus particulièrement dans les biberons, à l’époque. Beaucoup de personnes relevaient le fait que leur enfant n’avait rien eu et allait très bien aujourd’hui. Ce qui est très certainement vrai et là aussi, tant mieux. Mais qu’en est-il de ceux qui ont réagi, dix ans, vingt, peut-être quarante ans après ? A-t-on automatiquement pensé : BPA ? Absolument pas… et pourtant, aujourd’hui, avec cette prise de recul sur une santé globale, on peut facilement l’identifier.
    Je trouve donc ces enquêtes très intéressantes, même si elles pourraient effectivement être plus poussées, mieux organisées, etc., mais là aussi, il faut du temps pour étudier un sujet aussi vaste et aussi riche. Je pense que ça mérite de leur accorder ce temps supplémentaire.

    Pour ma part, en termes de cosmétique, je regarde toujours la composition, pour un achat en pleine conscience. Ca ne m’empêchera pas de consommer certains produits « déconseillés », parfois.

    En revanche, pour mon bébé, je n’achète pas n’importe quoi, et je suis particulièrement sensible à l’enquête d’octobre 2014. Les petits ont une peau plus vulnérable que la nôtre, du fait notamment qu’elle ne soit pas entièrement constituée, jusqu’à un certain âge.
    On ne peut pas mettre l’enquête de 2014 et celle de 2016 dans le même panier…
    Par ailleurs, il est bon de retenir aussi que l’ANSM ne délivre pas d’autorisation préalable avant la mise en vente, « considérant que la commercialisation des cosmétiques est sous la responsabilité du fabriquant et que les produits de soin bébé relèvent de la cosmétique », comme le rappelle le magazine Famili du mois dernier. Elle n’émet que des recommandations, sans obligation qu’elles soient suivies ensuite.

    On pourrait aussi s’aventurer sur la composition des couches de certains industriels, ou encore sur la composition des protections hygiéniques…

    Je pense qu’il ne faut pas devenir paranoïaque, qu’effectivement, tout n’est pas « toxique », et qu’il faut simplement consommer un produit en pleine conscience.
    J’apprécie par ailleurs ta réflexion : « une composition de produit est à considérer aussi dans son ensemble car des associations permettent justement de limiter les méfaits d’un ingrédient A. », je n’avais pas vu cet angle-là et cela me permet d’ajouter de la matière à ma position !

  17. Hello Capucine, bravo pour cet article bien résumé. Coiffeuse pro, je suis de plus en plus confrontée à ce genre de questions, si ça continue on va finir par toutes leurs faire du henné et des shampoing aux algues ! Dans le contexte actuel, c’est facile avec quelques gros titres racoleurs d’effrayer les consommateurs de produits de beauté sans faire le distinguo entre produits allergisants et toxiques. Depuis toutes ces années, je manipule des produits capillaires (colorations, shampoing…) et je n’ai rencontré que 2 cas sérieux d’allergies ( oedeme de quinck ). Toutefois, je pense que le coupable c’est l’accumulation de produits lors d’un rituel beauté ( shampoing + soin + gel douche + crème visage + sérum + maquillage ++++ ) bref trop de produits cumulés c’est autant de chimie cumulée. Remplacer certains produits par des produits plus naturels est une bonne chose ! Pour finir : gardons notre sang froid et notre libre arbitre face à tous ces principes de précautions. Une manière de se décharger sur le consommateur et de semer le doute sur les professionnels de la beauté.

    1. Bonjour Magali, tu m’étonnes ! Toi aussi tu es en contact direct avec les consommatrices, alors je crois que tu dois bien percevoir l’inquiétude et la méfiance vis-à-vis de l’industrie !

  18. Merci Capucine, pour cette mise au point très intéressante en ces temps où on cherche à nous faire peur pour tout ce que l’on consomme !! Maintenant, on a toutes les données et on peut relativiser. Bon stage à Lise

  19. Coucou ma belle ! Franchement ça devient lassant à la fin d’entendre que ceci ou cela est mauvais pour la santé ! Ces études sont intéressantes c’est sur mais pas intelligente ! On vivrait de quoi au final si on bannissait tout ce qui est dit de nocif ? On irait cueillir des baies et élever des moutons comme au moyen âge ! Bref ! Gros bisous à toi et continue comme ça :)

  20. Bonjour Capucine,

    personnellement, je suis depuis 1 an maintenant en transition de quasiment tout mon bagage maquillage (assez léger il est vrai) vers des marques bio et plus naturelles. La raison c’est que j’ai le sentiment que les industriels (mais pas que de cosméto loin de là) jouent tout de même un peu aux apprentis sorciers… Sur les perturbateurs endocriniens notamment, j’avais assisté à une conférence expliquant que ces molécules agissent sans effet seuil justement… Et du coup peuvent faire tout un tas de dégâts à quantités infimes.

    Je ne cherche à inquiéter ou alarmer personne, il me reste des produits « conventionnels ». Je pense qu’il faut moins s’inquiéter du maquillage que du tabagisme, de l’alcool et de l’alimentation par exemple. Ceux qui se maquillent peu ou très naturel pour protéger leur santé mais fument me font doucement rigoler!

    Moi j’avoue que ma prise de conscience globale m’est venue en ayant mes enfants (en dehors du fait que je n’ai jamais fumé ni bu).

    Malheureusement, je crois que dans un monde où la recherche du profit, de la rentabilité maximum est devenu LE dogme dominant, il faut VRAIMENT ancrer la méfiance comme position de base du citoyen consommateur face à ces groupes industriels. Leur premier but étant (et c’est un but complètement avoué et assumé) de servir leurs ACTIONNAIRES.

    Quant à la question de l’éducation de la population: elle est clef effectivement. Si cette polémique permet à chacun d’aller voir, se renseigner, essayer de comprendre des mécanismes de biologie sans se dire « c’est trop compliqué », ou « j’y comprendrai rien », alors c’est utile!!

    Voilà, encore une fois, j’adhère complètement au fait de ne pas céder à la psychose, mais je crois qu’il est temps que chacun saisisse l’opportunité qui lui est donnée de pouvoir se renseigner et comprendre tout un tas de sujet, et qu’on puisse faire bouger les choses, notamment sur les compositions (un bon exemple serait aussi les tampons et serviettes hygiéniques conventionnels). Et qu’on se serve de notre levier naturel: ils veulent qu’on achète leurs produits? A nous d’être vigilant et de ne pas accorder notre argent à n’importe qui et n’importe quoi!

    bonne journée à tous ;)

  21. Je suis surprise que mon commentaire, qui ne donnait que mon point de vue sur le sujet, n’ait pas été validé. Je ne commente déjà pas beaucoup, par manque de temps, mais pour le coup ça donne plutôt envie d’être une lectrice silencieuse.

      1. Oui, tu fais bien de me le rappeler, mon commentaire était tout simplement « en attente de modération », mais je ne l’ai vu qu’après avoir posté le suivant… J’ai donc fait ma relou de façon illégitime ! Mais merci pour ta patience et pour tes retours :)

  22. Bonsoir! Que j’aime la phrase rayée… No comment ???? Oui un post dédié de la part d’une professionnelle dont c’est le job à plein temps et qui baigne dedans me paraîtrait super objectif et parlant. J’avais lu un bouquin il y a plusieurs années (je suis en train de chercher son titre…) et au final on ne pouvait plus rien soyons clairs ???? Encore merci !

  23. Ahhhhhhhhhhh dieu merci d’avoir écrit ce post !!!!!!!! moi qui me bat avec mon entourage pour leur expliquer ! tu me sauves :) c’est vraiment bien expliqué. Merci encore à l’équipe

  24. Bonjour Capucine !

    Je suis adepte du bio et naturel, choix purement personnel, et pourtant je suis entièrement d’accord avec toi ! Cette histoire de cosmétiques toxiques, c’est un peu comme les reportages qui nous disent soudainement de ne plus manger de poulet, ou de ne plus acheter de jeans délavés.. Les conflits d’intérêt donnent aux médias de quoi descendre les industriels, quels qu’ils soient. Ecolo comme je suis, ça m’arrange bien que les gens prennent conscience qu’il faut regarder la composition, être au clair avec ça, mais qu’est-ce que ça m’agace que ce soit un simple argument manipulateur, qui cherche l’audience et le marketing ! Finalement, on n’est jamais mieux informé que par soi-m$eme !

  25. Bonjour Capucine,

    Très bon article bien détaillé, cela fait plaisir :) j’apprécie tout particulièrement le passage concernant les allergènes. En effet, une personne pourra utiliser un produit à la mauvaise composition sans pour autant avoir le moindre problème alors qu’une autre personne subira une forte réaction. Je pense que chaque personne est libre de faire ce qu’elle veut. A mon sens il faudrait mieux informer les consommateurs sur les ingrédients afin que chacun puisse, ensuite, en toute connaissance de cause choisir ses cosmétiques. Ce ne sont pas les grandes marques qui doivent être éduquées mais les consommateurs. Si une personne veut s’étaler du pétrole sur le visage (j’exagère mais c’est illustratif ;)) qu’elle le fasse mais en le sachant. Plutôt que d’alarmer la population il faut informer!

    Belle journée

  26. Article très intéressant. J’ai 62 ans et suis beauté addict !!!
    Perso, je pense que ce que l’on mange et respire nous tuera bien avant ce que met sur notre peau !!! Si on ne veut prendre aucun risque , on ne met rien sur son visage.
    La réglementation est là, tout de même, pour interdire les « toxiques » …
    Que choisir a besoin de vendre….. et cela marche.
    Il faut juste avoir de la réflexion !!!

  27. En fait, le bon sens, c’est de lire la composition des cosmétiques que l’on achète. C’est long,fastidieux et il est parfois impossible de trouver la liste INCI sur certains sites en ligne.
    J’ai commencé à m’intéresser à ça, il y a 2 ans quand je me suis mise à boutonner. Je n’avais jamais eu de boutons, même à l’adolescence! Ma fille, qui préparait un Master en biotechnologies m’a dit de bannir tout ce qui contenait de la paraffine, du pétrole et des silicones.
    Depuis j’achète sérums et crèmes qui ne contiennent pas ces ingrédients, et j’utilise de plus en plus de produits bio. Il n’y a que le fond de teint qui contient des silicones, je n’ai pas encore trouvé le graal en bio, malheureusement.
    Depuis ces changements, les boutons sont beaucoup plus rares. J’ai aussi remarqué que ma peau réagit très mal aux filtres solaires chimiques ou non. Et là ce n’est pas cool du tout. Je fuis le soleil!
    Pour les shampooings et soins capillaires, pareil, j’évite les silicones, sans pour autant acheter bio. Je me souviens d’un shampooing Floressance qui m’avait donné la sensation d’avoir une botte de foin sur le crâne!
    Bref, il faut être à l’écoute de sa peau, regarder les compositions des cosmétiques, choisir en fonction de ses besoins. Pas toujours simple tout ça !
    Bonne soirée et merci pour tous ces articles intéressants.

  28. Perso je dois être un peu bête auparavant je savais qu’il y avait des choses toxiques et je m’en fichait. Mais aujourd’hui j’attend un bebe et Ca change tout, avec les perturbateurs endocriniens je n’y comprend rien… surtout quand c’est present dans une crème spécial femme enceinte… on ne sait pas quoi faire, in ne sait pas si c’est toxique, mais on est sur d’être prix pour des idiots.

  29. Bonjour,

    Je vous laisse lire cet article de l’INSERM et ensuite vous faire votre propre idée.
    Caroline

    Les perturbateurs endocriniens

    Dossier réalisé en collaboration avec Robert Barouki (unité 1124 Inserm/Université Paris Descartes, Toxicologie, pharmacologie et signalisation cellulaire, Paris) – octobre 2015

    Les perturbateurs endocriniens regroupent une vaste famille de composés capables d’interagir avec le système hormonal, et notamment avec notre métabolisme ou nos fonctions reproductrices. Leur étude représente un enjeu majeur pour la recherche, le corps médical et les pouvoirs publics car les sources d’exposition sont nombreuses et difficiles à maîtriser, tandis que les conséquences biologiques de ces expositions sont encore mal appréhendées et complexes à étudier.

    Il existe de nombreuses définitions pour décrire ce que sont les perturbateurs endocriniens. Celle qu’a établie l’Organisation mondiale de la santé en 2002 est la plus acceptée : un perturbateur endocrinien est « une substance exogène ou un mélange qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations ».
    Le système hormonal sous le feu des perturbateurs endocriniens

    Le système endocrinien regroupe les organes qui sécrètent des hormones : thyroïde, ovaires, testicules, hypophyse… Il libère ces médiateurs chimiques dans la circulation sanguine pour agir à distance sur certaines fonctions de l’organisme comme la croissance, le métabolisme, le développement sexuel, le développement cérébral, la reproduction… Les perturbateurs endocriniens altèrent le fonctionnement habituel de l’organisme en interagissant avec la synthèse, la dégradation, le transport et le mode d’action des hormones. Ces molécules se caractérisent donc par un effet toxique non pas direct, mais indirect, via les modifications physiologiques qu’elles engendrent.

    Historiquement, les perturbateurs endocriniens ont commencé à attirer l’attention des chercheurs dès les années 1950. Mais c’est l’affaire du distilbène qui, dans les années 1970, a fait exploser le sujet sur la scène scientifique et médiatique (voir encadré). Depuis, on connaît plus précisément les mécanismes d’actions de ces substances. Selon le produit considéré, ils vont :

    modifier la production naturelle de nos hormones naturelles (œstrogènes, testostérone) en interférant avec leurs mécanismes de synthèse, de transport, ou d’excrétion ;
    mimer l’action de ces hormones en se substituant à elles dans les mécanismes biologiques qu’elles contrôlent ;
    empêcher l’action de ces hormones en se fixant sur les récepteurs avec lesquels elles interagissent habituellement.

    En découle un certain nombre de conséquences potentielles pour l’organisme, propres à chaque perturbateur endocrinien : altération des fonctions de reproduction, malformation des organes reproducteurs, développement de tumeurs au niveau des tissus producteurs ou cibles des hormones (thyroïde, sein, testicules, prostate, utérus…), perturbation du fonctionnement de la thyroïde, du développement du système nerveux, modification du sex-ratio…

    Aujourd’hui, la définition du champ d’action des perturbateurs endocriniens tend à s’élargir. Certains organes clés, qui ne sont pas considérés comme des glandes endocrines à proprement parler, produisent des hormones qui apparaissent elles aussi comme des cibles potentielles des perturbateurs endocriniens : la leptine du tissu adipeux qui intervient dans la régulation du métabolisme, l’IGF-1 produite par le foie qui agit comme un facteur de croissance…

    Distilbène, l’histoire à retardement d’un médicament hormonal
    Au début des années 1970, un chercheur américain, Arthur L Herbst, a observé la recrudescence d’une forme rare de cancers gynécologiques chez des adolescentes et de jeunes adultes. L’analyse de ces cas a montré que ces femmes étaient nées de mères qui avaient pris du distilbène, un œstrogène de synthèse, prescrit à l’époque pour prévenir les fausses couches durant la grossesse. Rapidement, le lien entre l’exposition du fœtus au distilbène et l’altération de ces organes reproducteurs (cancers, stérilité) a été établi. Depuis, il apparaît que les enfants nés de cette génération exposée in utero, ont, eux aussi, un sur-risque de pathologies gynécologiques.
    Air, eau, aliments… : les sources d’exposition sont multiples

    Il existe une grande diversité parmi les perturbateurs endocriniens, et les sources de contamination auxquelles hommes et animaux sont exposés sont également nombreuses. En effet, ces composés peuvent être présents dans des produits manufacturés ou des aliments d’origine végétale ou animale. Ils sont pour la plupart issus de l’industrie agro-chimique(pesticides, plastiques, pharmacie…) et de leurs rejets. Beaucoup sont rémanents : ils persistent dans l’environnement de longues années et peuvent être transférés d’un compartiment de l’environnement à l’autre (sols, eau, air…) de longues années après qu’ils aient été produits.

    Les hormones naturelles ou de synthèse constituent une source importante de perturbateurs endocriniens : œstrogènes, testostérone, progestérone… et les produits de synthèse mimant leurs effets sont souvent utilisés en thérapeutique (contraception, substitution hormonale, hormonothérapie). Elles entraînent un risque indirect en rejoignant les milieux naturels, après avoir été excrétées dans les rejets humains ou animaux. Y sont adjoints les phytoestrogènes naturellement présents dans certaines plantes (soja, luzerne).

    Un second groupe de perturbateurs endocriniens, bien plus large, rassemble tous les produits chimiques et sous-produits industriels qui peuvent interférer avec le système endocrinien de l’homme ou de l’animal. Il comporte à l’heure actuelle plus d’un millier de produits, de nature chimique variée. Parmi les plus fréquents, on peut citer:

    des produits de combustion comme les dioxines, les furanes, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)…
    des produits industriels ou domestiques comme :
    – les phtalates, ou le bisphénol A utilisés dans les plastiques ;
    – les parabènes, conservateurs utilisés dans les cosmétiques ;
    – les organochlorés (DDT, chlordécone…) utilisés dans les phytosanitaires ;
    – l’étain et dérivés utilisés dans les solvants.

    La recherche face à de nouveaux paradigmes

    L’étude des perturbateurs endocriniens est aujourd’hui très importante pour la santé, mais aussi pour l’environnement. Mais, cette recherche doit relever plusieurs défis, liés aux particularités de ces substances. En effet, l’étude de la toxicité d’une molécule est classiquement réalisée en exposant des cellules ou des tissus à des doses croissantes de la molécule en question. Or, cette approche ne peut suffire lorsqu’il s’agit des perturbateurs endocriniens, et ce pour plusieurs raisons :

    La première se rapporte aux doses d’exposition : l’exposition à une dose forte n’a pas le même impact qu’une dose faible à laquelle un individu est exposé de façon chronique. Ainsi, si l’exposition à une dose unique d’un produit est sans risque pour l’organisme, la répétition de cette exposition au cours du temps peut perturber le système hormonal. Et le délai d’apparition des effets délétères des perturbateurs endocriniens, parfois prolongé, peut compliquer encore cette analyse.

    La seconde difficulté tient aux périodes de vulnérabilité des êtres vivants face au risque toxique : un organisme ne subit pas les mêmes effets lorsque le contact avec un perturbateur endocrinien a lieu in utero, avant ou après la puberté. L’effet transgénérationnel de certains d’entre eux montre aussi que le risque sanitaire ne concerne pas uniquement la personne qui est exposée, mais aussi sa descendance.

    Enfin, l’effet cocktail des perturbateurs endocriniens est complexe à mettre en évidence : il découle de l’addition des effets délétères de plusieurs composés à faibles doses, qui agissent sur les mêmes mécanismes biologiques. Ensemble, ils peuvent perturber l’organisme sans que chacun, pris isolément, n’ait d’effet. Par ailleurs, il peut y avoir des interactions entre perturbateurs endocriniens agissant par des mécanismes différents.

    A côté de la spécificité liée aux substances incriminées, la complexité du système hormonal rend la recherche encore plus complexe : en effet, les régulations endocriniennes ne font pas intervenir une mais plusieurs hormones interagissant entre elles. Il peut donc être particulièrement difficile de prédire l’ensemble des conséquences biologiques d’un perturbateur endocrinien.

    Malgré toutes ces difficultés, les pouvoirs publics et les chercheurs déploient plusieurs niveaux de vigilance pour réduire les risques d’exposition et repérer les perturbateurs endocriniens potentiels :

    les études écotoxicologiques, conduites en milieu aquatique, et les études épidémiologiques, conduites au sein d’une population, sont utiles pour corréler certains événements, parfois rares, à l’exposition à certaines substances. Le lien de causalité suspecté à travers de telles études doit cependant être apporté par des études conduites in vitro et/ou in vivo ;

    Des cohortes nationales pour mieux évaluer l’exposition des populations vulnérables
    – La cohorte ELFE (pour Etude longitudinale française depuis l’enfance), a été lancée en 2011, sous la coordination de l’unité mixte Ined-Inserm-EFS Elfe : elle suit aujourd’hui 20 000 enfants, nés en 2011. Son objectif principal est l’étude les déterminants environnementaux et sociétaux qui, de la période intra-utérine à l’adolescence, peuvent impacter le développement et la santé des enfants. Un volet de cette étude a permis de collecter des échantillons biologiques chez 8 000 mères. Ils pourront aider à repérer d’éventuelles corrélations entre événement de santé et une imprégnation par des perturbateurs endocriniens in utero.
    – La cohorte PELAGIE (pour Perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l’infertilité et l’enfance) suit, depuis 2002, 3 500 couples mères-enfants habitant en Bretagne. Conduite par l’équipe « Recherches épidémiologiques sur l’environnement, la reproduction et le développement » de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset, unité 625 Inserm/Université de Rennes 1/EHESP), PELAGIE vise à étudier l’impact de contaminants environnementaux sur le développement intra-utérin, puis sur celui de l’enfant. D’ores et déjà, elle a montré plusieurs corrélations, comme l’exposition à certains polluants organiques (DDT, PCB) sur le délai de conception d’un enfant, ou l’exposition à un herbicide du maïs et le retard de croissance intra-utérin. L’étude est toujours en cours.

    les études toxicologiques in vitro permettent d’appréhender la toxicité des composés chimiques considérés comme suspects. Pour parfaire ce travail, différents systèmes de cellules en culture sont utilisés : cellules de l’hypophyse, du foie, cellules mammaires, cellules reproductrices… Il faut savoir que, depuis 2007, la législation européenne impose aux fabricants de soumettre chacun de leurs produits chimiques à des tests toxicologiques différents selon la nature du produit (système REACH) ;
    des modèles d’études in vivo (chez l’animal) sont indispensables pour appréhender l’effet toxique global d’un perturbateur endocrinien. Toutefois, des techniques récentes utilisant le haut débit commencent à être développées pour déterminer, par exemple, le profil d’expression du génome ou des protéines, in vitro, sur des cellules ou des tissus.

    Une stratégie nationale
    En 2014, le gouvernement a adopté la première stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Elle vise à articuler recherche, surveillance et réglementation pour prévenir et limiter l’exposition de la population à ces substances, et en particulier les plus vulnérables (femmes enceintes, enfants). Elle s’inscrit maintenant dans le troisième plan national santé-environnement (PNSE3).
    Cette stratégie comporte quatre axes principaux :
    – l’information des citoyens,
    – le soutien à la recherche sur les perturbateurs endocriniens et sur le développement d’alternatives non toxiques à ces produits. Pour accélérer ce mouvement, le gouvernement souhaite proposer une plateforme public-privée des méthodes d’évaluation et de validation de test des substances pour que l’évaluation de nouveaux composés devienne précoce, systématique et formalisée ;
    – la programmation d’expertises conduites par les institutions en charge de la sécurité sanitaire (ANSM, ANSES) afin de statuer annuellement sur plusieurs substances suspectées à risque,
    – la mise en place d’une réglementation spécifique. La France est, avec le Danemark, l’un des pays les plus engagés pour la régulation relative aux perturbateurs endocriniens. C’est dans le cadre de cette stratégie qu’ont été récemment adoptés le contrôle des phtalates dans les jouets ou l’élimination du bisphénol A des tickets de caisse. Le gouvernement entend soutenir cette stratégie au niveau de l’Europe en appuyant la définition d’une législation européenne spécifique par l’Union européenne, attendue pour la fin 2016.

  30. Je trouve cela bien dommage que les journalistes partent au quart de tour et déforment certains propos ou n’aillent pas jusqu’au bout … Merci Capucine pour tes lumières à ce sujet ! Cette étude est à prendre ave des pincettes et comme tu dis si cela peut faire changer les comportements des consommateurs vis à vis de leur consommation c’est un moindre mal ! Bisous

  31. Coucou Capucine,
    Dans cet article , tu relativise fortement la nocivité des composants de cosmétiques vendus aujourd’hui dans les grandes surfaces , en accusant les lanceurs d’alertes en voulant faire le buzz ou d’être anxiogènes. Pris isolément, la plupart des cosmétiques contiennent en faible proportion des produits toxiques ( perturbateurs endocriniens, solvant , nano particules etc .) , mais l’accumulation de ces produits sur la peau peut engendrer une absorption de ces produits nocifs de façon non négligeable , et la peau ne filtre pas tout ( nano particule ). Entre les tests présentés par un laboratoire indépendant et une bloggueuse rémunérée par les marques de cosmétiques qu’elle présente, ma confiance ira aux tests du laboratoire .
    Ce n’est pas responsable en tant qu’influenceuse de présenter des arguments pseudo scientifiques tenus par des « experts  » sans aucune preuve d’indépendance, sur un blog suivi par des milliers de jeunes filles.
    J’espère que par honnêteté tu publieras mon commentaire, qui ne va pas forcément dans ton sens.

    1. « J’espère que par honnêteté tu publieras mon commentaire, qui ne va pas forcément dans ton sens. »
      C’est bien mal connaître Babillages et son esprit depuis 10 ans, tiens. Quelle drôle de chute.

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