Les poils et les femmes : quand une mise au point s’impose

Il y a quelques semaines, la blogueuse Morgan Mikenas a partagé ce cliché sur les réseaux sociaux, accompagné d’un long message prônant la libre disposition de son corps. Bien avant elle, d’autres femmes plus ou moins connues, ont choisi de vivre en harmonie avec leurs poils.

Et pourtant, pas un jour ne se passe sans que l’on puisse lire sur Internet des commentaires dégradants au sujet des femmes et de leurs poils. Ce midi, lorsque j’ai partagé l’initiative de Morgan Mikenas sur la fanpage de Babillages, j’étais à des années lumière d’imaginer lire des centaines de commentaires dénigrant et prônant le body shaming sous couvert d’humour ou de liberté d’expression. J’ai commencé par répondre au cas par cas – mais c’est vite devenu compliqué – alors je me suis dit qu’un article de blog pourrait être un formidable medium pour développer ma pensée et, je l’espère, vous faire réfléchir à ces histoires de poils et de femmes.

Cet article risque d’être (très) long, mais il me semble nécessaire. Si le coeur vous dit d’échanger dans les commentaires, je vous prierais de le faire dans le respect d’autrui et sans animosité.


Pourquoi avons-nous des poils ?

En lisant certains commentaires, j’ai eu l’impression que beaucoup de monde oubliait que les poils sont naturels. Car le poil, c’est ce qui fait de vous un être adulte, c’est l’une des choses les plus évidente qui marque la puberté. Une femme avec des poils ? Eh bien… c’est naturel !

  • Les poils ont la fonction de « thermostat » : ils permettent d’auto-réguler la température de notre corps.
  • Les poils ont également la capacité de maintenir un bon niveau d’hydratation de la peau via la sécrétion de sébum au niveau des glandes sébacées. En clair, le poil est bon pour le film hydrolipidique.
  • Les poils servent aussi à conserver les odeurs. Certains scientifiques sont en désaccord à ce sujet, mais il semblerait que le poil joue un rôle dans le fait de retenir les phéromones sexuels.

femmes poilsPakola Papi

Les poils et les femmes dans le monde

Loin de moi l’idée d’enfiler mon costume de « Professeur Babillages », mais il me semblait important de passer par cette case-là pour mettre les choses en perspective. Car oui, ce sujet de poils et de femmes est bel et bien une question de perspective, de prisme. Mais pas seulement.

En réalité, le rapport aux poils n’est pas le même selon les cultures et les zones géographiques. Voici quelques exemples qui me viennent à l’esprit :

  • En Occident, les poils s’opposent au corps glabre. Le poil est ici synonyme de virilité, de masculinité. Tandis que l’absence de poils et le corps lisse sont perçus comme l’apanage de la femme.
  • Dans certains pays d’Afrique, notamment, les poils sont vus comme un vecteur d’érotisme et un véritable plus dans le jeu de séduction.

L’idée n’est pas de faire des généralités, mais simplement de vous montrer que le rapport au poil n’est pas le même selon l’endroit où l’on se trouve, ou la culture dans laquelle on baigne.

femme poilsBeing a hairy girl

Mais alors, qui a décidé que les femmes devaient raser leurs poils ?

Dans le monde occidental, la mode du « sans poil » a commencé à partir de  mai 1915, lorsque le magazine Harper’s Bazaar a publié une publicité présentant une femme aux aisselles lisses. D’autres marques ont suivi, montrant des femmes aux aisselles imberbes. A l’époque, les robes sans manche commençaient à être davantage portées et des marketeux ont alors exploité ce filon. Certaines publicités ont alors vanté les mérites de l’aisselle lisse, sous prétexte d’une hygiène irréprochable.

Pendant ce temps-là, aucun publicitaire ne semblait penser aux poils des gambettes. C’est seulement après la Seconde Guerre Mondiale que les femmes ont commencé à s’y mettre de façon massive, influencées par la pinup Betty Grable. La mode étant également aux robes et aux jupes plus courtes, les femmes ont également décidé de se débarrasser de leur pilosité.

La suite, vous la connaissez : l’image d’un corps glabre est ensuite devenu une norme en Occident, à grands renforts de publicités et d’idées véhiculées entre autre par le cinéma.

Les poils et les femmes, une histoire de sexisme ?

Le poil peut également être perçu comme une différenciation physique entre la femme et l’homme. Il n’y a qu’à se fier à beaucoup de commentaires lus sous ma parution Facebook, « les poils c’est un truc d’homme » dans l’inconscient collectif. Surtout lorsqu’on y réfléchit deux secondes : les hommes qui ont des poils peuvent les montrer sans que cela provoque de réaction de dégoût.

Cela m’amène sans transition aucune à une réflexion sur les poils au féminin et le sexisme. Car j’ai la sensation que cette histoire de poils féminins a un lien direct avec le sexisme bienveillant qui consiste à placer les femmes au rang de petites créatures si frêles qu’il faut absolument protéger. Ce sexisme bienveillant pourrait, selon moi, entrer en corrélation directe avec une espèce d’idéal de beauté (minceur nécessaire, les poils sont moches, les femmes doivent être belles).

J’ai l’intime conviction que cette haine du poil féminin est une sorte de « retour de bâton patriarcal », assaisonné de sexisme bienveillant. A l’époque où les femmes d’Occident ont gagné de plus en plus de droits, on leur aurait donc imposé une vision de la beauté pleine de diktats, d’interdits et d’obligations. Une espèce de contre-avancée du droit des femmes, en quelque sorte…

Vous allez me dire : « mais enfin Capucine, tu vas hyper loin. On est libres ». Bien sûr que je suis libre, en soi. Mais… j’ai la désagréable sensation que l’égalité hommes / femmes n’est pas la même en matière de beauté. Et qu’en ce qui concerne les femmes, on est finalement dans une vision plus « oppressive » :

  • Un homme qui se lave est perçu comme quelqu’un de propre. Tandis qu’une femme qui se lave mais ne fait pas davantage est considérée comme quelqu’un qui fait preuve de laisser-aller.
  • Par extension, un homme beau l’est par nature. Tandis qu’une femme belle peut l’être parfois à condition d’envisager des efforts.
  • Et pour les poils, alors ? Les poils masculins sont virils. Une femme ferait mieux de les retirer. La boucle est bouclée.

Le constat le plus effarant que j’ai pu faire à la lecture des quelques 600 commentaires postés sous mon post Facebook est que la vision sexiste de la beauté oppressive est largement partagée par des femmes.

Non, les poils ne sont pas sales

Décidément, les publicitaires des années 1910’s sont de brillants génies. Plus d’un siècle plus tard, en passant le relais aux nouvelles générations de marketeux, ils ont réussi à ancrer ce préjugé dans la tête de millions de femmes :

Préjugé numéro 1
poils = sale, manque d’hygiène

Je ne compte pas le nombre de commentaires ahurissants lus à ce sujet sous mon post Facebook de ce midi. C’est probablement le commentaire qui m’a le plus dérangée, car pour moi cela relève d’une méconnaissance évidente de la fonction du poil (expliquée plus haut) mais aussi de la notion d’hygiène. Cette théorie hygiéniste est archi-fausse : retirez-la de votre tête.

Non, nous ne sommes pas toutes égales face à la pilosité

J’ai également été pas mal interpellée par plusieurs commentaires arguant que la photo de Morgan Mikenas était « un fake », et que de toute façon c’est impossible d’avoir autant de poils. Pour moi, c’est simple :

  • envisager qu’une femme qui montre sa pilosité est « un fake », c’est la nier dans sa globalité.
  • C’est ne pas la respecter.
  • C’est ne pas envisager qu’une femme a des poils.
  • C’est ne pas envisager la diversité de l’humanité : nous sommes tous différents.
  • C’est ne pas respecter le droit à disposer de son propre corps.

Non, les poils ne sont pas moches en soi. C’est une question de point de vue

Ma maman m’a toujours appris à dire « je n’aime pas » au lieu de « c’est moche / c’est dégoûtant ». Et je pense qu’elle avait bien raison : car cela me place comme sujet à part entière, comme acteur. J’engage mon point de vue, et ce point de vue n’engage que moi. Sans pour autant être une généralité. Car une fois encore, la beauté des poils est une question de point de vue comme nous avons pu le voir plus haut.

Non, une femme à poils n’a pas à subir de body shaming

J’imagine que lorsque Morgan Mikenas a posté sa photo, elle savait ce à quoi elle s’exposait. Mais l’a t-elle mérité pour autant ? Non.

  • Car une femme est libre de disposer de son corps comme elle le souhaite.
  • Car une femme n’a pas à être dénigrée sur la base de critères physiques.

Le body shaming consiste à critiquer, rabaisser voire humilier quelqu’un à cause de l’un de ses attributs physiques. Le body shaming, c’est affirmer que la personne qui s’assume devrait avoir honte de s’habiller ainsi car elle a des rondeurs ou des kilos post-partum soit-disant à perdre. Le body shaming, c’est véhiculer de façon insidieuse ou violente une vision d’un corps unique, uniforme et idéalisé. Et oui, le body shaming, c’est aussi partager des propos dénigrants la présence de poils sur le corps d’une femme.

J’ai pu lire des blagues potaches façon « ah ah, la fille ressemble à Chewbacca ». Personnellement, ça ne m’a pas fait rire. Parce que derrière la boutade se cache une vision d’un corps idéal et parfait, peut-être même aseptisé. Parce que derrière la boutade se cache une volonté de pointer du doigt une autre femme qui fait le choix de s’accepter et d’envisager vivre sa vie comme elle l’entend.

Les poils et les femmes, c’est aussi une histoire d’acceptation de son corps

En fait, je suis intimement convaincue que la liberté numéro 1 chez une femme, c’est de pouvoir disposer de son corps comme elle l’entend. Et que personne ne peut s’octroyer le droit de dire quoi que ce soit à son sujet.

Une femme a envie de s’épiler ? Qu’elle le fasse. Une femme a envie de vivre en harmonie avec sa pilosité ? Qu’elle le fasse. Certaines ont suggéré dans les commentaires Facebook que la démarche de Morgan Mikenas était « incohérente » car elle ne se rasait pas les jambes tout en s’épilant les sourcils. Eh bien ? Quoi ? Une fois encore, elle dispose de son corps comme elle l’entend, qu’elle fasse ce qu’elle veut !

coloration aisselles
Comment peut-on écrire un si gros pavé sur les poils et les femmes quand on est éditrice de Babillages ?

Cette question ne m’a pas encore été posée mais… j’imagine qu’elle arrivera à un moment ou à un autre. Autant l’anticiper et y répondre dès maintenant dans de gros pavé article. Babillages est un blogzine beauté qui traite de la beauté au féminin depuis 10 ans (j’ai ouvert mon blog à 19 ans, j’en ai presque 30 aujourd’hui).

Si lorsque j’étais jeune j’avais une vision très arrêtée sur les poils, je suis aujourd’hui très ouverte d’esprit à leur sujet. Sans doute car j’ai moi aussi grandi, j’ai lu des ouvrages à ce sujet, je me suis renseignée… Bref, j’ai « fait mon éducation » au sujet de ces fameux poils. Et j’ai appris à ne pas les détester. Mais plutôt à les envisager comme quelque chose avec lequel je vis, au gré de mes envies et de mes idées.

Par exemple, je fais de l’épilation laser au niveau du maillot et des aisselles pour mon propre confort. Le reste du temps, je vivote entre épilation / rasage des jambes et aucune pratique d’arrache de poils. Il y a des zones de mon corps poilues qui ne correspondent en aucun cas à l’idée que beaucoup de gens fermés d’esprit se font de la féminité : je n’y touche pas, je m’en fiche royalement, je m’accepte et m’aime ainsi.

Il m’arrive ici de travailler avec des marques de rasage ou d’épilation, car ce sont des pratiques auxquelles j’ai recours. Mais sans pour autant envisager que c’est une nécessité absolue, ou même vous forcer à y avoir recours vous aussi (vous disposez de votre libre-arbitre, vous n’avez pas le couteau sous la gorge en lisant Babillages).

En fait, j’envisage Babillages comme un média prônant l’acceptation de soi, comme un journal via lequel je vous fais part de mon ressenti et de mes expériences depuis 10 ans. J’y vais à tâtons, je me trompe parfois, mais l’hypocrisie n’est jamais au rendez-vous.
Car par exemple en matière de poils, je suis convaincue que nous sommes libres de faire ce que l’on veut. Que l’on est libres de disposer des infos à ce sujet publiées sur Babillages comme on l’entend. Que l’on est libres avec notre corps, en fait. Tout simplement.

Pourquoi votre avis sur les poils non épilés peut être dérangeant ?

Je comprends l’idée de liberté d’expression, de donner son avis. Mais bon sang, les commentaires du type « moi je n’aime pas parce que je trouve ça laid, mais ça n’engage que moi » ne font rien avancer.

A mon sens, si vous partager cela en le martelant, c’est une forme de militantisme dissimulé. C’est parce que vous voulez être entendu(e), faire passer le message que « les poils c’est sale, mais ça n’engage que moi »…. et que tout de même, Morgan Mikenas aurait pu raser ses fichus poils pour que ça puisse vous plaire. Ou au pire, c’est juste blessant.

 

 

 

Babillages

Capucine Piot est la fondatrice & l’éditrice de Babillages depuis 2007. Elle déteste faire des biographies, et encore plus parler d’elle à la 3° personne, mais il paraît qu’il fallait remplir cette case ! Si vous me suivez depuis 7 ans, vous savez qui je suis ! Si vous venez d’arriver… vous le saurez bien assez tôt.

34 commentaires.
  1. Merci pour ce super article!!! Je suis 1000 fois d’accord avec toi! <3
    Respect total pour toutes les femmes qui osent (parce que oui, je pense que ca demande beaucoup de courage et de conviction) garder leurs poils au naturel! Chapeau!

  2. Bravo Capucine et merci pour cet article plein de bon sens!
    Je suis totalement d’accord avec toi, mais ce que je trouve le plus hallucinant c’est que désormais les hommes aussi se trouvent confronté aux diktats de l’élimination des poils.
    Bises

  3. Article très intéressant !
    Personnellement, je suis d’accord, les gens font ce qu’ils veulent de leur corps. Et je cois pas en quoi on a le droit de critiquer juger les gens dès que 3 poils dépassent (j’avais été d’ailleurs horriblement choquée que mon ex petit ami aie pu me critiquer et me demander d’épiler les deux malheureux poils qui se battaient en duel sur mon ventre……)
    En plus, je trouve que ces filles sont très courageuses de s’exposer ainsi dans une société où les poils ne sont pas du tout accepter. Je n’ai pas le courage d’assumer et je préfère m’épiler mais je pense que c’est grâce à ce genre de filles que les choses finiront peut-être par changer. Alors au lieu de les critiquer, il faut les encourager et les admirer d’assumer leurs engagements.

  4. Moi j’ai pas osé le dire j’ai vu le commentaire par rapport a Chewbacca, mais j’ai exactement la mm pilosité que cette blogueuse au naturel .J’ai était atterré et vraiment gêné et vraiment déçu par beaucoup de commentaire ! Comment peut on traiter une personne de la sorte juste pour des poils!!!! Quelle honte en 2017, quelle honte tout court d’ailleurs, pour des femmes de dire des choses si horrible et pleines de méchanceté alors qu’a la base on est toutes pareilles …. Vive la tolérance! Ça vole bien bas pour certaines , dommage alors qu’on devrait être toutes solidaires … Vraiment dommage aussi d’avoir eu a faire une mise au point , très bien faites par ailleurs, pour …,des poils!! … Encore merci Capucine pour ce bel article qui j’espère a pu remettre les choses et les idées au clairs à certaines et certains …. Désolé si c’est pas trop bien écris mais j’ai écris les choses comme je les pense…. Bonsoir pileux a tous ????

    1. Mille mercis à toi pour ton commentaire très juste, dont je partage totalement l’idée et les principes.

  5. Comme je l’ai dit précédemment sur fb chacun fait ce qu’il veut question de respect de culture … moi je ne suis pas fan mais j’ai la chance de ne pas être très poilue???? Et puis voilà ! Et puis c’est que des poils ????

  6. Merci pour cet article. Merci merci merci. C’est tellement rare de voir de la tolérance pour les poils féminins !
    Je suis moi-même très brune avec une pilosité assez abondante, et j’ai été élevée avec l’idée que « les poils, c’est sale et pas élégant ». Il y a peu, alors que je suis bien majeure et vaccinée, j’ai mentionné à ma mère ma flemme de m’épiler à nouveau avec le retour du beau temps. Elle m’a rétorqué que ne pas le faire ne serait pas très respectueux vis-à-vis de mon homme… Ai-je besoin d’en dire plus ?
    Cette vision du corps m’empêche d’assumer mes poils, et c’est parfois difficile au quotidien, car je me retrouve à ne pas oser les crop top à cause de la fine ligne de poils sous mon nombril, ou à sortir en pantalon sous un soleil d’enfer parce que j’ai un millimètre de poils sur les jambes. Et je ne vous parle même pas des maillots de bain, un vrai casse-tête tous les étés et tellement de temps à m’assurer que rien ne dépassera sur la plage… Dès que je suis hors de l’eau, je me planque sous des vêtements pour ne rien laisser voir. Dur de se sentir féminine quand on a été élevée avec de telles idées, mais c’est encore plus dur de s’en détacher. J’y travaille tranquillement, je suis sortie sans m’être épilé les cuisses il y a peu, une petite victoire !
    Merci en tout cas pour cet article qui fait du bien au moral (et aux poils) :)

    1. Je t’en prie Anna ! L’essentiel est de vivre en harmonie avec son corps et ses idées. Tu es ok avec le fait de ne pas t’épiler ? Super ! Tu as envie de t’épiler ? Super ! La tolérance, quoi :)

  7. Bonsoir Capucine je te suis via facebook je trouve très bien cet article et très triste que des filles puissent être aussi odieuses envers les choix des autres…Ce qu’elles ignorent c’ est que des filles ont justement la vie parfois gâchée à cause de telle remarques au quotidien… je parle de l’hirsutisme dût à des problèmes hormonaux traitements ou autres…il faut qu’elle sachent que n’importe qui peut être touchée du jour au lendemain…C est une bataille de tous les jours pour de devoir cacher , s epiler , traiter aux lasers certaines zones de leurs corps ou prendre des hormones pour vivre un peu plus normalement…je trouve formidable cette démarche d’exposer sont corps non épilé et montrer que finalement hirsute ou pas on n’est pas si différentes les unes des autres….et pourquoi pas mieux vivre avec cette pilosité parfois trop abondante.
    Bravo Capucine

    1. Exactement, Grem’S ! Car au-delà d’une « simple » histoire de poils, c’est le fait d’attaquer le corps d’autrui qui est très gênant. Le manque de respect d’autrui et de la liberté à disposer de son propre corps me pose problème. Et il me semblait nécessaire d’en parler ici, posément, à ma manière. Merci pour le temps que tu as pris pour nous :)

  8. Il y a quelque chose que je trouve que les gens ont tendance a oublier : C’est le temps et les thunes que ca prend, l’epilation, Effectivement on n’est pas toutes egales face a la pilosite, et perso j’ai pas tire le bon numero ^^ ». Je suis poilue et mes poils repoussent tres tres vite. Si je m’epile moi-meme, j’en ai pour deux heures minimum pour maillot, jambes entiers, aisselles. Le rasoir, insupportable pour ma peau sensible. Donc c’est epilation ou rien. 10euros le pot de cire qui me fait une epilation et demie. 60euros l’epilateur milieu de gamme. qui dure un an (voire moins), 43 euros si je fais faire ca chez l’estheticienne (45min sur la table pour pouvoir porter des jupers pendant a peine deux semaines). J’ai fait des etudes qui prennent du temps : classe prepa, ecole d’ingenieur, et actuellement en these. Quand j’etais en prepa, on avait la possibilite de faire deux heures de sport hebdomadaire, le vendredi apres-midi. On avait le choix : piscine ou … piscine. En deux ans de prepa, on ne nous a propose que de la natation. Ca veut dire deux heures d’epilation pour deux heures de sport quand on est une fille. En prepa, ca veut dire sport reserve aux mecs, ou aux filles avec plus de chance que moi, ou qui s’assument plus. Apres des annees a essayer de trouver un moment entre deux kholles/concours/partielles/conferences/correction d’examens ou de projets, et autres moment de rush sympas, j’ai decide de porter des manches longues et des pantalons en lin en ete. Mon copain s’en fout, donc ca va, Les peu de fois ou je m’epile, dans mon couple, c’est un peu la fete, comme quand on se fait particulierement belle pour une soiree en amoureux. Envieuse des nenettes qui s’affichent sur le net avec leurs guibolent au naturel, sans pour autant trouver cela beau, j’attends qu’un seul truc : la fin des commentaires moqueurs et blessants, le fait que les poils soient passes dans les moeurs. Peut etre que j’arreterais d’avori chaud en ete, que je pourrais prendre deux heures pour lire des bouquins plutot que pour m’arracher les poils, m’acheter des trucs qui me font plaisir plutot que de la cire ou une session estheticienne, et peut etre que je finirais par trouver ca beau.

    1. Bonjour Lulu, comme toi j’ai été particulièrement étonnée (voire choquée, soyons honnêtes…) par les commentaires moqueurs et blessants postés sous la photo initiale. Et malgré la « mise au point » ça continue… preuve que beaucoup, en fait, manquent d’ouverture d’esprit et de bienveillance. C’est très triste.

    1. C’est important de se sentir à l’aise avec son corps, d’en disposer comme bon nous semble… avec ou sans poils :)

  9. Je trouve les gens très méchants sur internet,et le toujours » pour ou contre »chacun fait comme il veut,le plus important c est d être heureux et bien dans son corps,très bien ton article,merci

    1. Oui, malheureusement Internet reste un défouloir pour beaucoup… et souvent le territoire d’expression de la bêtise à son paroxysme.

  10. Je n’ai pas vu l’article de base ni commenté mais je me permet juste un avis. Pour la photos de Morgan Mikenas je suis la 1ère à avoir douté ( sans pour autant crier au fake parce que bon, pourquoi ferait-elle ça si ce n’était pas vrai ? ), parce que je trouve impressionnante sa pilosité. On dirait les jambes de mon mec et moi même en les laissant pousser des semaines / mois je n’en suis jamais arrivée à ce point, pourtant je me trouve super poilue.
    Comme quoi c’est aussi une question d’habitude et que dès le départ on est vraiment conditionnés c’est fou ça !
    Moi je la respecte franchement parce que je n’y arriverais pas ( enfin pas jusqu’à ce point ), je manque déjà cruellement de confiance en moi.

    1. Exactement, c’est « juste » parce que nous sommes habitué(e)s à être exposé(e)s à des corps glabres et à une vision « parfaite » (pour qui ?…) et malheureusement unique de la beauté.

  11. Bien vu Capucine, je suis un homme de 53 ans et depuis quelques semaines, après avoir regardé une émission télé sur l’esthétique masculine, je pose des bandes de cire froide sur mon torse, mon ventre et mon dos, qu’elle torture! Même s’il est vrai que nous sommes plus douillets que vous, je comprends la douleur sur vos jambes! Bien à vous, Pascal.

  12. Bonjour Capucine ! Un grand MERCI pour cet article ! Juste un petit bémol, pour moi les mots « sexisme » et « bienveillant » n’ont rien à faire ensemble, ils sont totalement opposés…

  13. Merci Capucine pour cet article !

    Ça ne fait pas de mal de le redire de temps en temps : oui, on fait ce qu’on veut avec notre corps, donc avec nos poils :)
    J’en profite pour dire que j’adore ton blog, que j’ai découvert par hasard il y a peu et que je dévore depuis ! L’un des aspects qui me plaît le plus est justement le sentiment que tu as un regard critique sur les tendances et la diversité des corps, tu ne te rues pas sur un produit juste parce qu’il est à la mode et tu ne prônes pas telle ou telle pratique juste parce que Machin a lancé la mode sur Instagram…
    Bref, merci pour ce blog plein de tolérance et d’acceptation de soi, c’est toujours un plaisir de te lire ;)

    1. Merci beaucoup Sophie. Bon, je t’avoue qu’en ce qui concerne les palettes Naked Urban Decay, je suis parfois (souvent ?) un bon mouton… mais bon, on a chacun nos petits défauts :p

  14. Merci Capucine, cela fait plaisir de voir quelqu’un qui n’est pas là à poster des choses idiotes. Cette femme a eu un grand courage que je n’aurai jamais, et je la félicite. Merci à toi d’avoir fait comprendre les choses en douceur à ces gens fermés d’esprits qui ont commenté ta publication.

    1. J’ai essayé… mais au vu des commentaires qui continuent à affluer sous la publication initiale, je me dis que ça n’est pas gagné. Je comprends que le choix de l’une puisse être à des années lumières du choix de l’autre. Mais je ne comprends pas que l’on ne respecte pas autrui, que l’on se moque…

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.