Cosmétique de contrefaçon : comment ne pas se faire piéger ?

La cosmétique de contrefaçon est à portée de clic. Comment la reconnaître pour ne pas se faire piéger ?

Après mon premier article sur le maquillage de contrefaçon, j’ai reçu énormément d’e-mails me demandant si tel ou tel produit repéré sur le web s’apparentait à de la cosmétique de contrefaçon. Ne faisant pas (du tout !) partie des instances chargées de réguler ce problème, je ne peux malheureusement pas donner suite à chaque e-mail de façon personnalisée. J’ai donc souhaité réaliser un post de rappel sur les cosmétiques de contrefaçon, avec l’aide de la FEBEA – Fédération des Entreprises de la Beauté. J’espère que cela répondra de façon plus précise à vos questions.

cosmétiques de contrefaçon

Qu’est-ce que la cosmétique de contrefaçon ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important que nous soyons sur la bonne longueur d’ondes et que nous ayons la même définition de la contrefaçon. Les cosmétiques de contrefaçon sont des produits de beauté qui recopient les éléments caractéristiques du produit original copié, que ce soit son emballage ou son flacon, les signes distinctifs de la marque, ou encore son parfum.

Celui qui contrefait des produits pour vous les vendre s’amuse à brouiller les pistes, pour vous faire croire que vous acheter l’équivalent d’une grande marque à prix réduit… ou carrément ladite marque sans même que vous vous rendiez compte de l’entourloupe.

Les risques d’un cosmétique de contrefaçon

Le risque numéro un pour le consommateur concerne la santé. Car des produits de cosmétiques de contrefaçon ne bénéficient d’aucun contrôle dermatologique ni de contrôle officiel. Un cosmétique de contrefaçon peut être fabriqué dans le non respect des normes en vigueur, dans des conditions d’hygiène tout à fait douteuses et avec des ingrédients interdits ou de très mauvaise qualité.

Au-delà de ça, sachez qu’en tant qu’acheteur de contrefaçon, vous vous exposez vous aussi à des sanctions. Car oui, l’achat de contrefaçon constitue un délit pénal passible de peine de prison et/ou sanction financière. Vous voilà prévenues.

cosmétique de contrefaçon

Quelles sanctions pour les fraudeurs ?

Celui qui s’amuse à créer et vendre des cosmétiques de contrefaçon prend aussi des risques; il s’expose à plusieurs sanctions pénales, civiles et douanières comme :

  • 300 000€ d’amende & 3 ans d’emprisonnement
  • Fermeture de l’établissement de vente
  • Dommages et intérêts auprès du titulaire des droits
  • Confiscation des objets contrefaits
  • Amende douanière

Il existe aussi des circonstances aggravantes en cas de contrefaçon de produits cosmétiques jugés dangereux pour la santé des consommateurs (et Dieu sait qu’il y en a….)

cosmétique de contrefaçon

Reconnaître les cosmétiques de contrefaçon

Dans certains cas, c’est carrément évident… à tel point que ça nous fait sourire. Mais dans d’autres, les doutes sont fondés sans jamais réussir à être fixée. Dans tous les cas, fiez-vous toujours à ces critères :

  • Où achetez-vous ?
    Vous êtes sur le site officiel de la marque, ou chez un revendeur agréé et officiel (comme Sephora, par exemple) : vous voilà entre de bonnes mains. Attention, beaucoup de sites internet sans mentions légales, conditions générales de vente, point de contact existent… mieux vaut les éviter. Notez que la présence de logos d’opérateurs de paiement ne constitue en rien une garantie de la crédibilité du site sur lequel vous achetez, et encore moins de l’authenticité des produits dans votre panier virtuel.
  • Quel est le prix du produit ? 
    Un prix anormalement bas hors période de soldes, qui plus est sur un site qui n’est pas un revendeur officiel… fuyez !
  • Qui est le fabricant ? 
    Vous devez être en mesure de connaître les infos sur le fabricant ou l’importateur du produit.
  • Quid de l’emballage ? 
    Conditions de vente, certificat d’authenticité, orthographe sur les étiquettes… Veillez sur tout ! De même, lorsqu’il s’agit de produits de maquillage vendus avec des pinceaux : c’est souvent au look du pinceau qu’on se rend compte qu’un truc cloche ! Comparez, vous verrez !
  • Quid de l’odeur, de la teinte et de la consistance ? 
    On peut davantage s’en rendre compte en ayant le produit entre les mains. Mais certains cosmétiques de contrefaçon ne sentent pas bon, n’ont pas une teinte correspondant au vrai produit…

C’est déjà le cas pour certains produits du groupe L’Oreal en Chine, mais il est aujourd’hui possible de doter les produits de beauté d’un « Dotless Visual Code » à usage unique. On le scanne avec son téléphone afin de vérifier la traçabilité du produit de beauté. Cette technologie a été mise au point par une start-up Israélienne, Visualead. A ce jour, je n’ai pas encore parlé d’un tel système en France, mais il y a fort à parier que cela risque de se déployer.

cosmétique de contrefaçon

Et le parfum de contrefaçon, ça existe ? Oui aussi, et certaines marques s’amusent à jouer avec ce qu’on appelle des « tableaux de concordance », ce qui est totalement illégal. Nous avions vécu ensemble le cas de Pirate Parfums que j’avais mis en lumière en 2011. En avril 2014, le tribunal de grande instance de Paris a infligé une amende de 1,2 millions d’euros à la société mère du site Internet. En effet, les accusations que j’avais émises en 2011 sur mon blog ont visiblement été retenues : utilisation illicite de marques connues pour la vente en ligne.
D’ailleurs, je n’étais pas retournée sur ce site depuis des années. Et je constate une sorte de parade pour vendre des parfums très inspirés des originaux. Si la marque ne communique plus sur les équivalences de parfum, elle le fait en autorisant (ou en ne modérant pas) des avis / commentaires de consommateurs qui mentionnent ce point, c’est ainsi que l’on peut apprendre à quel parfum original chaque parfum correspond. 

Maintenant que vous avez ces informations en votre possession sur la cosmétique de contrefaçon : à vous de jouer ! Si vous avez un doute sur le moindre cosmétique de contrefaçon (ou pas), n’hésitez pas à saisir la DGCCRF.

Babillages

Capucine Piot est la fondatrice & l’éditrice de Babillages depuis 2007. Elle déteste faire des biographies, et encore plus parler d’elle à la 3° personne, mais il paraît qu’il fallait remplir cette case ! Si vous me suivez depuis 10 ans, vous savez qui je suis ! Si vous venez d’arriver… vous le saurez bien assez tôt.

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