Développement personnel : comment cela a fini par me rendre triste

Comment le développement personnel m’a rendue triste

Le développement personnel est LA thématique lifestyle à la mode dans les magazines, sur les blogs et les chaînes Youtube.

Aujourd’hui, n’importe qui peut s’improviser gourou du développement personnel, à condition de disposer d’un moyen pour véhiculer ses grands principes de vie. D’un côté, cela a ses avantages : soigner son âme, en soi, c’est bien. Et aider les gens à prendre conscience que prendre soin d’eux, c’est cool : je valide. Mais, à force d’être exposée à des centaines de messages autour du développement personnel, j’ai saturé. Et ça m’a rendue malheureuse.

développement personnel

Quel est l’objectif du développement personnel ?

Tout dépend des courants de pensée. Mais grosso modo, le développement personnel permettrait en vrac de : mieux se connaître / positiver / être heureux / ne pas passer à côté de sa vie / comprendre ses émotions / avancer / avoir conscience de vivre / etc. Un « Deviens ce que tu es » de Nietzsche version 2.0, en somme.

Pour ma part, j’ai fait la découverte du développement personnel lors de mes premières séances de méditation de pleine conscience. L’expérience était tellement dingue que j’avais la sensation qu’un nouveau monde s’ouvrait à moi. Forcément, quand on vit au-dehors de soi, sans jamais songer à panser son âme…. ça fait beaucoup de bien. Je me suis ensuite employée à explorer cet univers, par envie de continuer à mieux me reconnecter à mes émotions.

La difficile quête du développement personnel

Et si le développement personnel n’était pas avant tout une affaire… personnelle ?! C’est la question que je me suis posée au bout de 3-4 ans à compulser des bouquins et des articles / vidéos en ligne. Et s’il ne fallait pas prendre de la distance avec tous ces messages parfois antithétiques qui se confrontaient dans mon esprit ? Car, clairement : j’étais à bout de souffle.

Non seulement je n’ai pas mis en pratique 98% des conseils glanés ça et là. Mais en plus, je suis de plus en plus inconfortable avec ces injonctions au bonheur. Et soyons honnêtes, je suis convaincue que la confiance en soi ne s’apprend pas dans un bouquin au marketing bien huilé. Lire des récits de vie me plaît beaucoup, à condition qu’ils ne me donnent que des avis bienveillants sans sur-promesse. Comprendre quels sont les mécanismes de défense de l’être humain me passionne, par exemple. En fait : je considère que cultiver mon propre développement personnel passe une exposition à des messages qui me plaisent, et à les digérer comme je l’entends.

Triste… mais pourquoi ?!

En fait, à force de lire des contenus dédiés : j’ai complexé. A chaque « mauvais pas », je me disais que c’était vraiment une catastrophe, que décidément j’étais une très très très mauvaise personne. Ca m’a poussé à devenir quelqu’un de totalement contrôlant : impossible d’accepter la surprise ni les imprévus. Il fallait que TOUT soit organisé. Et c’était un ENFER. A mille lieux du Nirvana, n’est-ce pas ?!

Bref, avec désormais beaucoup de recul je suis capable de dire :
-> Oui, le développement personnel ça peut être cool. A condition de sélectionner ses sources.
-> Oui, le développement personnel peut rendre malheureux. A condition de tout prendre pour soi, sans aucune distance, et en se créant des complexes au lieu de s’affranchir de ses peurs.

Et on en revient à l’éternel sujet de ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux : des familles parfaites, des gens bien proprets, des contenus très jolis et particulièrement lisses… qui nous poussent à croire que l’on ressemblera à ces gourous 2.0 du bien-être en adhérant à leurs mantras. Au contraire, ces types de contenus m’ont filé des complexes. Entre celle qui laisse sous-entendre que si tu n’as pas des enfants et un job de dingue avant 30 ans tu as raté ta vie, ou celui qui est tellement parfait qu’il transpire la psychorigidité… j’ai fini par faire une overdose. Tous ces contenus auxquels j’étais exposée m’ont incitée à manquer de bienveillance envers moi-même. Si triste, n’est-ce pas ?

Heureusement, il existe tout de même des sources qui m’ont inspirée et aidée. Si cela vous intéresse, je peux les aborder dans un prochain post.

Babillages

Capucine Piot est la fondatrice & l’éditrice de Babillages depuis 2007. Elle déteste faire des biographies, et encore plus parler d’elle à la 3° personne, mais il paraît qu’il fallait remplir cette case ! Si vous me suivez depuis 10 ans, vous savez qui je suis ! Si vous venez d’arriver… vous le saurez bien assez tôt.

20 commentaires
  1. Bonjour Capucine! Et merci pour cet article encore une fois empli de vérité ! Être bien dans sa tête et ses baskets est tellement subjectif!. À force de voir des quotes à outrance, moi aussi je me disais « mais attends tu ?’arrives pas à faire ça ça craint chaque matin, tu n’as pas été parfaite dans ton rapport à l’autre ». Je me rajoute de la culpabilité – de ne pas faire ou toujours mal faire. Et cela devient invivable de temps en temps. Et pourtant je pense être une personne sensible et dans l’empathie.
    C’est étrange que tu publies cet article à ce moment précis de ma vie .. celui où je me pose là question de commencer la méditation en pleine conscience…aussi.
    Merci de partager tes émotions avec nous ?

  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi, le développement personnel peut être bien et dangereux à la fois si on prends tout au pieds de la lettre.

    Je pense qu’il faut un peu prendre du recul avec ce que l’ont lit, l’adapter à sa propre situation, son vécu son histoire.
    Je me méfie aussi, de ceux qui deviennent du jour au lendemain coach en développement personnel sans avoir de formation solide en psychologie . Etant fille d’enseignants spécialisés et qui avaient des diplômes en psychologie, .Et bien sûre, le développement personnel ne date pas d’aujourd’hui. Ca m’avait « titillé » il y a quelques années de m’orienter vers ce domaine, mais mon père m’a bien rappelé qu’il fallait au moins avoir de bonne bases en psycho, un deug, voire une licence car cela pouvait être « dangereux si on ne s’y connait pas assez bien, comme peut être rendre triste comme toi.

    Sinon cela serait intéressant de connaître tes sources qui t’ont inspirés . 3 livres que j’aime bien : les 4 accords Toltèques, le pouvoir du moment présent et HO’OPONOPONO , un titre bizarre mais qui paraît il est le secret des guérisseurs hawaiens. Je ne les pas encore lus , car je viens de les acheter. Peut être les connais tu?

    1. Tu soulignes un point essentiel : quid de la formation de la personne qui distille ses pensées, parfois à une foule de personnes ? Quid des intentions ? Quid des répercussions sur celles et ceux qui sont exposés à ces messages ?
      Merci pour ce partage de références, en tout cas !

  3. Bonjour Capucine! Et merci pour cet article encore une fois empli de vérité ! Être bien dans sa tête et ses baskets est tellement subjectif!. À force de voir des quotes à outrance, moi aussi je me disais « mais attends tu ?’arrives pas à faire ça ça craint chaque matin, tu n’as pas été parfaite dans ton rapport à l’autre ». Je me rajoute de la culpabilité – de ne pas faire ou toujours mal faire. Et cela devient invivable de temps en temps. Et pourtant je pense être une personne sensible et dans l’empathie.
    C’est étrange que tu publies cet article à ce moment précis de ma vie .. celui où je me pose là question de commencer la méditation en pleine conscience…aussi.
    Merci de partager tes émotions avec nous ?

    1. Hello Céline, exactement. Toutes ces espèces de citations parfois bateau et niaises vues et revues sur les réseaux sociaux … hmmm, j’ai saturé ! Ca culpabilise à mort, alors que bon… si on prend les choses à la cool, ça devrait bien se passer :) Plein de courage et de bienveillance dans ton cheminement personnel ;)

  4. Coucou Capucine ! Je commente rarement les articles sur Babillages mais je te suis avec assiduité. Et là il fallait donc que je réagisse.
    Je suis tout à fait d’accord avec toi sur plein de points différents.
    Je suis persuadée des points positifs du développement personnel, tels qu’être à l’écoute de soi, de son corps et de ses besoins. En revanche je trouve débile de se donner l’ordre d’être heureux. Certes, cela être très chouette. Mais le bonheur est aussi fait de phases de frustrations et de tristesse. Et c’est totalement normal. Dire le contraire est absurde et très malsain car cela véhicule les mauvais messages: “tu n’as pas le droit de te plaindre” “tu as de la chance comparé à d’autres” “tu n’as pas le droit d’être triste”
    Combien de fois au-Je entendu ces critiques ?
    Se comprendre passe aussi par des phases tristes ou mélancoliques !
    Je te remercie pour cet article très vrai et qui mériterait d’être lu en masse. Car tu as tout à fait raison, les autres et parfois le développement personnel à l’extrême nous complexent ! Et c’est bien dommage !
    Continue de faire ton chemin ! Et évidemment je veux bien savoir de qui tu t’inspires pour mieux vivre ??
    Mille baisers,
    Jade

    1. Bonjour Jade, merci pour ton long message hyper intéressant et enrichissant. En fait, ça renvoie tout bêtement aux cours de philo de terminale : non, le bonheur n’est pas quelque chose de linéaire, il « faut » vivre des choses plus difficiles et tristes pour savourer le bonheur :)

  5. C’est marrant car j’aime le développement perso mais je suis de ceux qui pensent que ça reste … perso. Tout comme toi, je sature de cette mode où tout le monde se met à donner son avis sur comment être heureux etc… Si tu regarde mon compte, mon blog et ma présence en ligne, tu trouveras pas de ce genre de contenus castrateurs. On a pas tous la même vie, pas tous les mêmes bagages à trimballer … Dire que le bonheur ça s’apprend, c’est pas totalement faux mais en faire tout un laïus malaxé dans tous les sens pour surfer sur la tendance : très peu pour moi. J’aspire seulement à partager mes lectures et mes découvertes dans ce domaines mais ça s’arrête là, j’expose ni mon mieux-être ni mon mal-être. Ca, c’est privé :)
    En tout cas ton avis me conforte dans l’idée qu’un vrai cheminement vers soi, c’est avant tout une démarche humble et personnelle et que ceux qui clament tout un peu trop fort, passent à côté sûrement de l’idée première !

  6. Pour ma part je ?ai jamais adhéré au développement personnel justement parce que je ressentais tout ce dont tu parles. Ces injonctions sont insupportables pour moi. On peut être malheureux dparfois, ou énervé pas besoin de réciter des mantras positifs (et parfois niais soyons francs)
    Et puis tout ça révèle un certain désir d’uniformisation de la société : on n’est pas heureux pareil. C’est tellement personnel. Il faut se développer personnellement sans perdre de vue que notre intuition peut nous guider.
    Ravie de voir ce genre d’article plus personnel et très ouvert qui permet de remettre au leur place certains clichés. ??

    1. Exactement, à chacun son mode de fonctionnement. A chacun sa façon d’exprimer sa joie. A chacun son cheminement. Bref, les clichés ont effectivement tendance à tout uniformiser, et du coup… à culpabiliser ceux qui ne sont pas dans les rails :/

  7. J’ai trouvé ta réflexion intéressante dans tout ce fleuve de contenu de développement personnel qui inonde depuis ces derniers mois. Les gens veulent prendre soin d’eux et tant mieux.

    Cela étant posé, peut-être se demander pourquoi tu as laissé ces contenus avoir un tel impact sur toi. Pourquoi certains t’ont fait du bien ou du mal, qu’elles étaient leurs caractéristiques, leurs congruences. Ce n’est qu’une piste de réflexion parmi d’autres, proposée avec toute ma bienveillance.

    Merci pour ton partage !

    1. Ce qui m’a fait passer du côté obscur du développement personnel, c’est quand j’ai voulu non pas ressembler mais être ce que les gourous 2.0 incarnaient. Et je me suis rendue compte que ça ne collait pas à ma personnalité, que c’était beaucoup trop rigide à mon goût, que ça manquait de liberté et de fantaisie pour moi. Ca m’a rendue triste d’être enfermée dans un tel carcan.

  8. Bonjour Capucine,

    Merci pour cet article ! Je comprends ce que tu as pu ressentir, et je regrette en effet, que des personnes usent du développement personnel pour relayer un espèce de mode de vie, qui leur correspond peut-être et les rend heureux, mais qui n’est pas un mode de vie qui peut convenir à tout le monde. Le développement personnel, et je pense notamment à la psychologie positive, c’est au contraire, donner les clés à chacun pour trouver ce qui le rend heureux, et peu importe ce que c’est, sans culpabiliser, surtout. Le développement personnel est censé nous aider à nous découvrir, pour que nous nous assumions complètement, pas nous servir une vie superficielle et sous contrôle.

    Avec plaisir, pour un prochain article, où tu partages tes sources positives ! :)

    Charlotte

  9. Bonjour Capucine,

    Merci pour cet article on ne peut plus vrai !

    Mais du coup, une question me vient, par rapport à la dernière partie de ton texte sur les réseaux sociaux et l’injonction à être parfait : n’as-tu pas l’impression de participer un peu à ce système ? Finalement, ton compte Instagram est une suite de photo sensées mettre en scène une vie parfaite… Bravo pour la prise de conscience, mais est-ce que tu ne penses pas qu’il faudrait aller un peu plus loin et remettre en cause la manière dont tu travailles ?

    Merci de ta réponse !

    Juliette

      1. Ahaha, ça a le mérite de l’honnêteté…
        Je te souhaite, à l’avenir, d’aller un peu plus loin dans tes prises de conscience.
        Mais le chemin est long avant de réussir à ne plus se mentir à soi-même !

        Cordialement,

        Juliette

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