QuelCosmetic : que vaut l'application beauté d'UFC-Que Choisir ?

QuelCosmetic : que vaut l’application beauté d’UFC-Que Choisir ?

UFC-Que Choisir vient de lancer en grande pompe une application mobile dédiée à faire « la chasse aux ingrédients indésirables », QuelCosmetic.

Impossible d’entamer la rédaction de cet article sur QuelCosmetic sans vous donner mon opinion sur UFC-Que Choisir et son rapport à l’industrie cosmétique. Car mon post est clairement anglé, et il est le reflet de mon opinion qui exprime un ras-le-bol face aux approximations dont a fait preuve le magazine ces dernières années dans le domaine qui nous concerne. Car si UFC-Que Choisir est considéré comme parole d’Evangile par bon nombre de consommateurs, moi j’ai fini par m’en méfier.

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Les intentions d’UFC-Que Choisir… et la réalité

L’initiative du projet ? Faire d’UFC-Que Choisir un medium et une association au service des consommateurs, pour les aider à faire entendre leur voix. Intéressant, surtout aux tout débuts de l’aventure à l’époque où les réseaux sociaux ne permettaient pas encore de faire la part belle aux avis des clients. Le magazine UFC-Que Choisir, lui, s’est fait connaître via des enquêtes et des comparatifs désormais relayés dans toute la presse grand-public : chaque industrie est régulièrement passée au crible, par le prisme d’un sujet très précis sensé a minima intéresser ou, pire, inquiéter les consommateurs. Je ne nie pas que l’UFC-Que Choisir a sans doute favorablement participé à l’éveil des consciences, c’est important de savoir pourquoi et comment on consomme quelque chose.

Mais, est-il possible de faire le buzz systématiquement ? Car, pour se faire connaître auprès du plus grand nombre, l’UFC-Que Choisir semble bien avoir compris qu’il fallait passer par des enquêtes aux conclusions choc. Et c’est ce qui arrive très régulièrement. Je n’aurais rien eu à y redire si j’avais été en phase avec 100% des analyses inhérentes au secteur de la beauté publiées dans le magazine papier ou sur Internet. Mais le problème, c’est que certaines méthodes de tests employées par UFC-Que Choisir m’ont déjà semblé biaisées et contestables, comme je l’avais souligné dans mon post sur les solaires enfants en juillet 2016. Autre problème, UFC-Que Choisir a parfois surfé sur la vague du sensationnalisme en employant un vocabulaire anxiogène associé à un papier approximatif bourré d’allégations infondées, comme je l’avais une autre fois démontré en février 2016 dans un article intitulé « faut-il se méfier des cosmétiques ?« .

Ma confiance vis-à-vis d’UFC-Que Choisir s’est petit à petit érodée, pour désormais laisser place à la méfiance. Et il me semblait important de le souligner dans ce papier, pour que vous compreniez le contexte de ma prise de parole.

L’application QuelCosmetic : qu’est-ce que c’est ?

Toujours dans l’optique de servir le consommateur, UFC-Que Choisir a développé une application, QuelCosmetic, présentée comme « l’appli pour faire la chasse aux ingrédients indésirables ». Elle se veut participative : chacun peut y inscrire de nouvelles références cosmétiques dans la base de données.

Comme certaines applications qui analysent les cosmétiques déjà existantes sur le marché, il suffit de scanner le code-barre d’un produit ou de le rechercher dans la base de données pour accéder à sa fiche dédiée. Ensuite, UFC-Que Choisir, explique que « l’application informe immédiatement sur la présence ou l’absence de composés indésirables et leur niveau de dangerosité selon le profil : femme enceinte/bébé, enfant/adolescent ou adulte. »

A ce jour, l’application QuelCosmetic a été lancée avec une base de données de 6000 références produits. A terme, et avec la participation des internautes, UFC-Que Choisir entend bien faire grossir cette liste, pour proposer un service optimal.

Mon avis sur l’application QuelCosmetic

Je vous le dis d’emblée : QuelCosmetic ne révolutionne en rien le domaine des applications qui analysent les cosmétiques. Car le principe sur lequel est basé QuelCosmetic est exactement le même que ce qui existe déjà sur le marché. Tout au mieux, ils ont fait un benchmark de ce qui existait, ils ont mixé des idées, et voilà – en tout cas, c’est l’impression que cela donne. Quelle utilité à proposer ce qui existe déjà en tombant dans les mêmes écueils que ceux que j’avais listés dans mon article comparant chaque application ?

A mon sens, QuelCosmetic n’a pas du tout su relever le défi (de taille, j’en conviens) : pas d’analyse de liste INCI dans sa globalité, et des emoticones simplistes à souhait qui vont une fois encore créer davantage de confusion dans l’esprit du consommateur. Techniquement, l’application QuelCosmetic me semble basée sur un système de classification très simple que je schématise à l’extrême ici : un tableau avec chaque ingrédient dans une colonne, sa note (ou son pictogramme coloré) dans une autre, et enfin une petite définition dans la troisième colonne. En « lisant » la liste d’ingrédients d’un produit, l’application ne va en rien l’analyser : c’est juste une moulinette technique très facile à mettre en place qui va vous ressortir les infos pré-remplies correspondant à chaque ingrédient.
En fait, c’est comme si vous aviez un dictionnaire à côté de vous : on vous lit la définition. A ceci près que QuelCosmetic se permet de donner une appréciation sur le mot que vous recherchez : avis objectif ou subjectif ?… Du coup, vous avez cherché dans le dico… mais le dico ne vous a jamais expliqué le sens de la phrase entière que vous souhaitiez traduire. Vous comprenez le concept ?

Quid des résultats obtenus ? Encore une fois, quelque chose d’assez subjectif car il me semble impossible de se substituer à l’humain pour ce type de sujet. L’appli ne prend pas en compte la dimension écologique des cosmétiques, non plus… Je ne trouve pas l’application ratée, mais elle est imparfaite à mes yeux, comme le sont toutes les autres du marché.

Bref, rien de neuf sur la planète beauté.

 

Babillages

Capucine Piot est la fondatrice & l’éditrice de Babillages depuis 2007. Elle déteste faire des biographies, et encore plus parler d’elle à la 3° personne, mais il paraît qu’il fallait remplir cette case ! Si vous me suivez depuis 10 ans, vous savez qui je suis ! Si vous venez d’arriver… vous le saurez bien assez tôt.

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